Question écrite ✓ Répondue #1#8#11#

Place des départements de français et d'études françaises des universités étrangères dans la diplomatie d'influence de la France

Posée le 11/06/2026 • Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Évelyne Renaud-Garabedian

Évelyne Renaud-Garabedian Les Républicains

Sénatrice — Français établis hors de France (Série 1)

La question

Mme Évelyne Renaud-Garabedian interroge M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la place des départements de français et d'études françaises des universités étrangères dans la diplomatie d'influence de la France. Ces départements assurent l'enseignement de la langue, de la littérature et de la civilisation françaises et francophones, conduisent des activités de recherche et de formation et participent à la formation des enseignants locaux de français. Ils constituent ainsi des relais de la langue française et de l'attractivité de l'enseignement supérieur français, vers lequel ils peuvent orienter une partie de leurs étudiants. Certains de ces départements peuvent accueillir des assistants de langue, envoyés par la France dans le cadre de programmes bilatéraux de mobilité. Leurs enseignants locaux jouent par ailleurs un rôle déterminant dans la création de ponts avec les universités françaises - partenariats, accords d'échange, co-encadrements de recherche -, contribuant ainsi aux mobilités étudiantes et scientifiques. Ils s'inscrivent en outre dans un écosystème universitaire francophone plus large, animé notamment par l'Agence universitaire de la Francophonie, opérateur multilatéral réunissant un grand nombre d'établissements à travers le monde. Elle souhaiterait un état des lieux de l'implantation et de la vitalité des départements de français et d'études françaises dans les universités étrangères, ainsi que la part d'entre eux entretenant un lien effectif avec un dispositif français. Elle l'interroge sur la nature et le volume des moyens humains et financiers que l'État leur consacre spécifiquement, le cas échéant - notamment au titre des assistants de langue et des postes de coopération universitaire - et sur la manière dont le ministère soutient et valorise les partenariats noués entre ces départements et les universités françaises. Elle souhaite enfin connaître la façon dont l'action bilatérale du ministère s'articule avec celle, multilatérale, de l'Agence universitaire de la Francophonie en faveur de l'enseignement supérieur francophone.

✓ Réponse du gouvernement

La Direction de la diplomatie culturelle (DDC) du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) comprend notamment deux sous-directions concernées par l'enseignement de la langue française à l'étranger:

« langue française et éducation » (LFE) qui assure le suivi de l'enseignement du et en français en milieu scolaire, en-dehors du champ universitaire ; « enseignement supérieur et recherche » (ESR) qui assure le suivi de l'internationalisation des universités françaises et de l'accueil des étudiants étrangers en France.

Ces deux sous-directions n'ont pas à leur disposition une cartographie de l'implantation des départements de français et d'études françaises dans les universités étrangères, en particulier lorsque ceux-ci ne relèvent pas directement de la formation initiale des enseignants de et en français.

Le MEAE conduit une politique de coopération étroite avec l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le ministère souhaite travailler avec l'AUF dès 2027 à une cartographie progressive des formations universitaires francophones qui permettrait d'identifier plus précisément les disciplines et les espaces géographiques où le français demeure une langue de référence, ainsi que ceux où il fait face à une concurrence accrue.

Les programmes d'assistants de langue (langue française à l'étranger et langue étrangère en France) apportent un éclairage intéressant.

Le progamme des assistants de langue française (ALF) est un relai important pour encourager l'apprentissage du français à l'étranger. Ceux-ci peuvent être affectés dans des établissements du niveau primaire, secondaire ou supérieur et sont rémunérés par les autorités locales du pays d'affectation. Il s'agit en règle générale d'un financement centralisé (ministères de l'éducation et de l'enseignement supérieur) ou d'un financement qui est assuré par l'établissement d'accueil. Sur les 35 pays qui ont proposé des postes d'assistants de langue française (ALF) en 2025-2026, 15 ont proposé des affectations au sein des universités. France Éducation international (FEI) ne dispose pas de données complètes relatives aux départements de rattachement au sein des universités. Toutefois, il est probable que la plupart des ALF sont rattachés aux départements de français ou de langues vivantes, eu égard à leurs missions (voir tableau en annexe).

Sur l'ensemble du programme pour l'année 2025-2026 la proportion des postes d'assistants de langue française proposés au sein des universités étrangères est estimée à 8 % du total des postes proposés.

Les assistants de langue vivante étrangère (ALVE) ont le statut d'agent non titulaire de l'État, sous contrat à durée déterminée. La rémunération mensuelle brute des assistants étrangers de langues vivantes est fixée à 1036,21 euros. Pour l'année 2025-2026, la DGESCO a proposé 4 387 postes. 3 113 postes ont été pourvus.

Un niveau B1 est requis en langue française pour participer au programme (sauf quelques exceptions). De nombreux assistants de langue sont issus des départements de français, mais FEI ne dispose pas de statistiques fiables. Pour l'année 2025-2026, près de la moitié d'assistants de langue en poste (1461) ont déclaré être étudiants au moment de déposer leur candidature. Environ 30 % ont indiqué vouloir devenir professeur de français (914).

Source : senat.fr ↗

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