- Sénateur de la Somme depuis le 1er octobre 2020, membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain. Né le 3 mai 1994 à Amiens, il a 32 ans.
- Élu le 27 septembre 2020 sur une liste d'union de la gauche à 26 ans et 4 mois : le plus jeune sénateur de la Ve République.
- Secrétaire de la commission des affaires économiques et secrétaire de la délégation sénatoriale aux entreprises. Chef de projet numérique de profession, titulaire d'un master d'économie de l'internet de l'université de Picardie-Jules-Verne.
- Conseiller municipal de Camon, dans la banlieue d'Amiens, depuis 2014. Premier secrétaire du Parti socialiste dans la Somme. Adhérent du Mouvement des jeunes socialistes depuis ses 15 ans.
- Fait d'armes du mandat : sept rapports d'information dont il est primo-signataire, de La Poste (2021) à l'industrie automobile (2025) et à l'avenir du modèle démocratique (2026).
- Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base : nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l'existence d'un rappel à l'ordre le concernant.
Le 25 août 2026, Rémi Cardon a écrit aux grands électeurs de la Somme : « Après six années extrêmement riches à vos côtés, et mesurant pleinement les enjeux… » Il est candidat à un second mandat, en tête de la liste « La Somme a de l'avenir », avec quatre colistiers — Catherine Benedini, maire d'Ailly-sur-Somme, Thierry Lineatte, maire de Chaulnes, Julie Vast, conseillère départementale, et Cyrille Cleuet, maire de Fresnoy-lès-Roye. Les candidatures se sont déposées en préfecture du 7 au 11 septembre ; le scrutin a lieu le 27 septembre 2026, six ans jour pour jour après son élection. Trois sièges sont en jeu dans le département, et les trois sortants se représentent : lui, Stéphane Demilly (UDI) et Laurent Somon (Les Républicains).
Son argument de campagne est un compteur de terrain : plus de 600 rendez-vous avec des maires en six ans. Que dit, à côté, le compteur parlementaire ? Nos données décrivent un sénateur d'une remarquable régularité de présence — 875 votes exprimés sur 909 scrutins publics depuis octobre 2023 — et d'une fidélité de groupe presque absolue, 99,2 % d'alignement sur la position majoritaire des socialistes. Elles décrivent aussi un élu qui pèse davantage par ses rapports que par ses textes : 2 261 amendements signés, mais 36 seulement rédigés en son nom, dont un seul adopté. Et aucune loi à son nom en six ans.
La précarité énergétique, sa bataille perdue deux fois
C'est le fil rouge de ses six années. En 2022, Rémi Cardon dépose une proposition de loi visant à résorber la précarité énergétique : obligation de rénovation, garantie de reste à charge nul pour les ménages modestes, service public de la rénovation. La commission des affaires économiques la rejette le 12 avril 2023 sur proposition de sa rapporteure Dominique Estrosi Sassone (LR), qui la juge inopportune et redondante avec le droit existant ; le Sénat la rejette définitivement en séance publique le 3 mai 2023. Trois ans plus tard, il n'a pas lâché : le 28 mai 2026, il consacre l'une de ses cinq questions d'actualité au gouvernement à la réautorisation de la location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique.
« Alors que les canicules se multiplient partout en France, nous avons le sentiment de vivre un véritable jour sans fin réglementaire. Vous annoncez des interdictions, puis vous reculez ; vous fixez des objectifs, puis vous multipliez les dérogations ; vous promettez une trajectoire claire, puis vous entretenez l'incertitude. Derrière les normes, il y a des réalités quotidiennes très concrètes : des logements deviennent des bouilloires l'été et des glacières l'hiver, des familles doivent choisir entre se chauffer, se rafraîchir et se nourrir. »
Rémi Cardon, question d'actualité au gouvernement du 28 mai 2026 sur les passoires énergétiques et thermiques, adressée à la ministre de la transition écologique.
Le logement social est aussi le seul terrain où l'un de ses propres amendements a passé la rampe. Le 29 novembre 2023, dans le projet de loi de finances pour 2024, son amendement n° II-255 crée un indicateur de performance mesurant la part des logements sociaux rénovés énergétiquement chaque année. C'est un adopté sur 36 amendements déposés en son nom : 17 ont été rejetés, 11 n'ont pas été soutenus en séance, 5 déclarés irrecevables. Sur le même thème, il a interrogé le gouvernement par écrit sur l'état de la rénovation des HLM (juin 2025) et sur l'instabilité de MaPrimeRénov' (mai 2025).
La Poste, la cybersécurité, l'automobile : le sénateur rapporteur
Là où ses textes bloquent, ses rapports passent. Rémi Cardon est primo-signataire de sept rapports d'information, presque tous produits au sein de la délégation sénatoriale aux entreprises : « Compenser, contrôler, améliorer, détecter : pour une Poste partout et pour tous » (31 mars 2021), « La cybersécurité des entreprises » (10 juin 2021), « Reprendre pour mieux entreprendre dans nos territoires » (7 octobre 2022) sur la transmission d'entreprises, le programme Territoires d'industrie (18 décembre 2024), « Contre un crash programmé : dix-huit mesures d'urgence pour l'industrie automobile française » (15 octobre 2025), puis deux volets d'un travail prospectif sur l'avenir du modèle démocratique à l'horizon 2050 (18 juin 2026) et sa synthèse « Quelles valeurs en 2050 ? » (3 juillet 2026).
Cette expertise industrielle, il l'a retournée contre le gouvernement le 5 février 2026, sur un dossier de son propre département : la liquidation judiciaire d'Ynsect, l'usine d'élevage d'insectes de Poulainville, près d'Amiens, inaugurée en fanfare et financée à hauteur de dizaines de millions d'euros d'argent public.
« L'entreprise Ynsect devait être un fleuron industriel. Lors de l'inauguration de cette ferme usine, quatre ministres ont parlé d'un « projet du siècle ». Aujourd'hui, on assiste à un crash industriel. Le résultat est que, selon vos services, environ 148 millions d'euros d'argent public ont été engagés sans transparence, sans contrôle lisible, sans contrepartie. Quand l'État engage autant d'argent public, il n'est pas spectateur : il est responsable. »
Rémi Cardon, question d'actualité au gouvernement du 5 février 2026 sur les fermetures d'entreprises. L'usine Ynsect de Poulainville, dans la Somme, a été placée en liquidation judiciaire.
Ses 39 questions — 30 écrites, 5 d'actualité au gouvernement, 4 orales sans débat — suivent la même géographie mentale : l'entreprise et le territoire. La situation d'ArcelorMittal en France (février 2025), la concurrence déloyale de la fast fashion et la taxation des petits colis (mai 2025), la réforme du FEDER et du FSE+ par la Commission européenne (juillet 2025), les coupes budgétaires dans la filière bio des Hauts-de-France (mai 2025), les trimestres de retraite des sapeurs-pompiers volontaires (juillet 2025), la prolifération du frelon asiatique (janvier 2026) ou les délais d'instruction des dossiers éoliens en DREAL (avril 2026). Ses amendements, eux, se concentrent sur les budgets : 10 sur le projet de loi de finances pour 2024, 9 sur celui pour 2026, 5 sur celui pour 2025, 4 sur le financement de la Sécurité sociale pour 2024.
« Nous connaissons le travail précieux des secrétaires de mairie dans nos communes, parfois seul visage de l'État à des kilomètres à la ronde. La réalité des territoires ruraux et la difficulté du statut font que les secrétaires de mairie cumulent bien souvent plusieurs communes. Cette disparité de statut constitue un réel défaut d'attractivité du métier qui doit être corrigé. »
Rémi Cardon, question écrite du 9 janvier 2025 sur le statut des secrétaires de mairie exerçant sur plusieurs communes.
Discipline et présence
Sur les 875 votes qu'il a exprimés depuis octobre 2023, Rémi Cardon s'est rangé 868 fois sur la position majoritaire du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain, soit 99,2 %. Sept écarts en trois ans : c'est l'un des profils les plus disciplinés du groupe. À l'autre bout de l'hémicycle, il ne coïncide avec la majorité des Républicains, qui dominent le Sénat, que dans 22,5 % des cas — et dans 83,3 % des cas avec les écologistes, 79,8 % avec les communistes.
Ces sept divergences racontent une prudence d'élu local. Trois portent sur la même proposition de loi, celle qui assouplit le transfert obligatoire des compétences « eau » et « assainissement » aux intercommunalités, un sujet explosif dans les communes rurales : le 16 octobre 2024 puis le 31 mars 2025, quand son groupe votait contre le texte, lui s'est abstenu. Les quatre autres sont des votes d'amendements, en novembre 2023 et novembre 2024.
Sa participation aux scrutins publics, 96,3 %, est élevée dans l'absolu mais se situe sous la médiane du Sénat, qui atteint 98,9 % : 272 sénateurs font mieux que lui, ce qui le place 273e sur les 372 ayant voté au moins une fois. L'écart tient presque entièrement à une seule période : en 2024, il n'a voté que 219 fois sur 247 scrutins, l'essentiel de ses absences se concentrant sur le marathon budgétaire du 30 novembre. Les autres années, il est quasiment sans faute : 107 votes sur 108 en 2023, 346 sur 350 en 2025, 203 sur 204 en 2026. Il n'a jamais présidé de séance, ce qui ne fausse pas son taux. Le calendrier officiel du Sénat, de son côté, lui compte 341 journées de présence et 1 273 heures depuis le début de son mandat, dont 50 journées et 168 heures sur les douze derniers mois — un indicateur d'activité, pas un taux : il n'existe pas de dénominateur comparable d'un sénateur à l'autre.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, présence en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Rémi Cardon sur sa fiche NosParlementaires, la liste complète des sièges remis en jeu dans notre panorama des sortants département par département, et comparez son bilan à celui de ses collègues dans nos classements. Dans la Somme, le député François Ruffin fait aussi l'objet d'un portrait en données.