- Député de la 1re circonscription de la Somme (Amiens) depuis le 18 juin 2017, réélu en 2022 puis le 7 juillet 2024 avec 53 % des voix face à la candidate du Rassemblement national, après le retrait du candidat Renaissance arrivé troisième. Né le 18 octobre 1975 à Calais, il a 50 ans.
- Membre de la commission des affaires économiques. Il siège au groupe Écologiste et Social depuis juillet 2024 : entre les deux tours des législatives, le 4 juillet, il avait annoncé qu'il ne siégerait plus avec La France insoumise, avec laquelle il siégeait depuis 2017.
- Reporter de profession : fondateur du journal Fakir en 1999 à Amiens, diplômé du Centre de formation des journalistes en 2002, réalisateur de Merci patron ! (César du meilleur documentaire en 2017), J'veux du soleil (2019), Debout les femmes ! (2021) et Au boulot ! (2024).
- Président de Debout !, l'ancien Picardie debout créé en 2017 et renommé le 28 juin 2025. Candidat déclaré à l'élection présidentielle depuis le 26 janvier 2026, au journal de 20 heures de TF1.
- Fait d'armes de la législature : sa résolution européenne demandant à la France de saisir la Cour de justice de l'Union européenne contre l'accord UE-Mercosur, dont il fut le rapporteur, adoptée à l'unanimité en commission le 18 novembre 2025 et définitivement le 5 janvier 2026.
- Aucun blâme ni rappel à l'ordre le concernant dans les communiqués de sanctions de l'Assemblée recensés dans notre base pour cette législature.
Lundi 7 septembre au matin, sur RMC-BFMTV, Olivier Faure se dit favorable à une primaire « qui aille de Ruffin à Glucksmann ». Le soir même, à 22 heures, François Ruffin répond sur X : « Pour moi, c'est oui », et propose un débat télévisé à Raphaël Glucksmann. Mardi 8 septembre, ce dernier ferme la porte sur RTL : « On ne change pas les règles en cours de jeu. Moi, je respecterai les règles même si je perds. » Réplique du député de la Somme, sur la même antenne : « Glucksmann n'a pas peur de moi, il a peur des électeurs. » Les règles, ce sont celles du scrutin « Choisir 2027 » : réservé aux membres du Parti socialiste, de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste, sept candidats déclarés, candidatures closes le 15 septembre, deux tours les 9-10 et 16-17 octobre, 2 euros pour les adhérents et 15 euros pour les autres. Les militants socialistes ont tranché en juillet, à 55,5 %, contre une primaire ouverte. Le 29 août, à Blois, aux journées d'été du PS, François Ruffin qualifiait déjà la formule de « suffrage censitaire ».
Depuis le 4 juillet 2024, jour où il a annoncé qu'il ne siégerait plus avec La France insoumise, le député de la Somme est membre du groupe Écologiste et Social. Que disent nos données de ces deux années ? Un élu fidèle à son nouveau groupe, aligné sur 97,6 % de ses votes, qui a voté les 17 motions de censure déposées par la gauche, fait adopter une résolution contre le Mercosur, et posé 61 questions écrites tournées vers les usines. Mais aussi un député qui a pris part à 575 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 6,8 %, le taux le plus bas des 38 membres de son groupe. Depuis qu'il est candidat à l'Élysée, il est tombé à 3,1 %.
Le Mercosur et ArcelorMittal, ses deux batailles industrielles
Le 15 septembre 2025, François Ruffin dépose une proposition de résolution européenne qui demande à l'État français de saisir la Cour de justice de l'Union européenne contre l'accord commercial avec le Mercosur, jugé incompatible avec les traités. Le texte est cosigné bien au-delà de la gauche, jusque sur les bancs des Républicains et de Renaissance. Il en est lui-même le rapporteur : son rapport est adopté à l'unanimité par la commission des affaires européennes le 18 novembre 2025, la commission des affaires étrangères ne s'y oppose pas, et la résolution est considérée comme définitivement adoptée le 5 janvier 2026, sans vote en séance. C'est le seul texte de la législature dont il est le premier signataire à être allé au bout. Le 27 novembre 2025, il avait aussi voté pour la résolution invitant le gouvernement à s'opposer à l'accord, adoptée par 244 voix contre une.
« J'ai vu ma Picardie se vider de ses usines pour une Chine devenue l'usine du monde. Je ne veux pas voir mon pays se vider de ses fermes pour un Brésil devenant la ferme-usine du monde. Le traité avec le Mercosur pose, bien sûr, une question sur le modèle agricole : la mise en concurrence de nos fermes familiales avec des latifundia cent fois plus grandes. Il pose une question de santé publique, d'environnement, avec des centaines de molécules interdites ici et autorisées là-bas. Mais il pose, avant tout, une question démocratique. »
François Ruffin, séance du 13 janvier 2026, question au gouvernement sur le traité avec le Mercosur, huit jours après l'adoption définitive de sa résolution.
Son autre front, c'est l'acier. Il a voté pour la proposition de loi de nationalisation d'ArcelorMittal France aux deux lectures, le 27 novembre 2025 (127 voix contre 41) et le 11 juin 2026 (106 voix contre 49), et lui a consacré l'une de ses quatre questions au gouvernement. Les trois autres portent sur la souveraineté industrielle, alimentaire et sanitaire, la justice fiscale et le Mercosur. Le 3 novembre 2025, en plein débat budgétaire, il lançait aux bancs macronistes : « Vous avez laissé partir nos fleurons industriels et, maintenant, vous venez nous faire la leçon ! », avant d'annoncer qu'il serait « demain soir chez Arcelor ».
Randstad, Velsia, Symbio : les questions écrites d'un député d'usines
Ses 61 questions écrites racontent la même obsession : 5 en 2024, 27 en 2025, 29 depuis janvier 2026, et le rythme n'a pas faibli avec la campagne. Les deux dernières, datées du 25 août 2026, interrogent le ministre de l'économie sur les informaticiens de Randstad Digital, « abandonnés comme l'ont été les ouvriers », et sur la facturation électronique imposée aux petites entreprises. Avant elles, les téléconseillers de Velsia face à l'intelligence artificielle (14 juillet), la pile à hydrogène de Symbio (30 juin), la lysine exclue du dispositif industrie verte (2 juin), l'imprimerie Aubin (26 mai), la double rémunération des soignantes le 1er mai (12 mai) ou l'Ehpad Les Feuillants et le groupe Vivalto Vie (5 mai). Il a aussi posé une question orale sans débat.
Côté amendements, il écrit peu et cosigne beaucoup : 123 amendements rédigés en son nom, contre 11 868 cosignés avec son groupe. Sur ses 123 textes, 13 ont été adoptés, 35 rejetés et 34 déclarés irrecevables. Les adoptés sont concrets : la reconnaissance des 55 000 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles et le maintien des crédits du Pass'Sport dans le budget 2026, 15 millions d'euros pour la recherche sur les cancers pédiatriques dans le budget 2025, la privation des droits civiques pour les fraudeurs fiscaux condamnés, ou la référence à l'affaire HSBC dans le projet de loi sur les fraudes. Ses textes les plus amendés sont les quatre budgets de la législature : 44 amendements sur le PLF 2025, 24 sur le PLFSS 2025, 24 sur le PLF 2026, 10 sur le PLFSS 2026.
« Monsieur le premier ministre, je ne vous demande même pas de penser au peuple, aux 65 millions de Français ; mais pensez à la France ! Le déficit public s'est creusé à cause de vos cadeaux fiscaux aux plus riches. Et si nous continuons sur ce chemin, c'est la France qui est en danger. »
François Ruffin, séance du 31 octobre 2025, première partie du projet de loi de finances pour 2026, en réponse au premier ministre Sébastien Lecornu.
Discipline et présence
Sur les 575 votes qu'il a exprimés, François Ruffin s'est rangé 561 fois sur la position majoritaire du groupe Écologiste et Social, soit 97,6 %. C'est très exactement la médiane du groupe (97,5 %) : ni frondeur, ni godillot. Ses 14 votes divergents sont presque tous budgétaires : six amendements du projet de loi de finances pour 2026, et les trois votes finaux sur le budget de la Sécurité sociale pour 2026, celui qui suspend la réforme des retraites, où il a voté contre quand la majorité de son groupe s'abstenait. Les autres : une abstention sur la résolution de soutien à l'Ukraine du 12 mars 2025 (le groupe votait pour), deux amendements sur l'aide à mourir, et une abstention sur la loi protégeant les mineurs des réseaux sociaux, le 21 juillet 2026.
Et par rapport à son ancien groupe ? Sur ces mêmes 575 votes, il a coïncidé 519 fois avec la majorité insoumise, soit 90,3 %. Les 56 écarts dessinent la ligne de fracture : il a voté pour la loi spéciale de fin d'année, le 16 décembre 2024 puis le 23 décembre 2025, quand LFI s'abstenait ; pour la loi d'urgence pour Mayotte le 12 février 2025 ; il s'est abstenu sur la loi contre le narcotrafic le 29 avril 2025 et a voté pour le statut du parquet national anticriminalité organisée, que LFI rejetait ; il a voté pour la loi sur les soins palliatifs le 25 février 2026 et pour la loi sur le sport professionnel le 20 juillet, deux textes sur lesquels les insoumis s'abstenaient. En revanche, les 17 motions de censure déposées par la gauche, il les a toutes votées, comme eux. Aucune des six déposées par le Rassemblement national.
Le chiffre qui le distingue est celui de la présence. Il a pris part à 575 des 8 434 scrutins publics de la législature, soit 6,8 %, quand la médiane de l'Assemblée s'établit à 23,5 %. Il se classe 562e sur 606 députés ayant voté au moins une fois, et dernier des 38 membres de son groupe, dont la médiane est à 28,1 % et le premier, Steevy Gustave, à 53,0 %. Sa courbe suit le calendrier politique : 9,5 % des scrutins au second semestre 2024, 6,1 % au premier semestre 2025, 13,4 % au second, porté par le marathon budgétaire, puis 3,0 % depuis janvier 2026. Depuis sa déclaration de candidature du 26 janvier, il a voté 101 fois sur 3 279 scrutins, 3,1 %, contre une médiane de 17,4 % pour ses collègues sur la même période : 538e sur 577. Il vise en priorité les votes sur l'ensemble d'un texte, auxquels il participe une fois sur trois (70 sur 226 depuis 2024, 32 sur 91 depuis sa candidature). Ses 178 interventions en séance se concentrent à près de 60 % sur les deux mois du budget, en octobre et novembre 2025 ; il n'a pris la parole que 18 fois dans l'hémicycle depuis janvier, et plus du tout depuis le 11 juin.
« Nous ne prétendons pas que la nationalisation est la panacée, nous disons qu'elle est un outil. Augmenter la participation de l'État dans le capital d'ArcelorMittal permettra de s'assurer que les subventions seront transformées, non pas en dividendes, mais en investissements. »
François Ruffin, séance du 11 juin 2026, deuxième lecture de la proposition de loi de nationalisation d'ArcelorMittal France. C'est sa dernière prise de parole en séance publique recensée dans notre base.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions, interventions en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de François Ruffin sur sa fiche NosParlementaires, et comparez-la à celle de ses collègues dans nos classements.