- Née le 18 mars 1976, elle a 50 ans. Collaboratrice parlementaire puis cheffe de cabinet de François Patriat, sénateur de la Côte-d'Or, pendant ses deux derniers mandats.
- Deuxième de la liste « Territoires et Liberté » conduite par François Patriat aux sénatoriales du 27 septembre 2020 : 428 voix, 26,60 %, un seul siège, pour lui.
- Quatrième de liste aux élections régionales de juin 2021 en Bourgogne-Franche-Comté, non élue. Aucun mandat local dans nos données.
- Sénatrice de la Côte-d'Or du 20 au 24 août 2026, membre du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), sans commission. Démissionnaire.
- Dans notre base : 0 scrutin, 0 amendement, 0 question. Le Sénat n'a tenu aucune séance publique entre le 22 juillet et le 30 septembre 2026.
- De nouveau deuxième de la liste « Territoires et Liberté », conduite cette fois par Didier Maingault, au scrutin du 27 septembre 2026 : trois sièges, six listes, environ 1 630 grands électeurs.
Le 19 août 2026, François Patriat meurt à l'hôpital de Dijon, à 83 ans, un mois après un accident de vélo à Pouilly-en-Auxois. Le lendemain, le Sénat enregistre l'arrivée d'une nouvelle sénatrice de la Côte-d'Or : Annouck Cotillot, sa cheffe de cabinet, deuxième de sa liste en 2020. Le 24 août, elle démissionne. Le 25, Didier Maingault, maire de Brétigny et troisième de cette même liste, prend le siège. Trois titulaires en six jours pour un fauteuil que personne n'a été appelé à réélire.
Le 11 septembre, la préfecture publie les six listes en lice pour les trois sièges du département le 27 septembre 2026. La liste « Territoires et Liberté », le nom choisi par François Patriat en 2020, est conduite par Didier Maingault, désormais sénateur sortant, avec Annouck Cotillot en deuxième position et Grégory Patriat, fils du défunt, en cinquième.
Il n'y a pas de bilan parlementaire à dresser : quatre jours de mandat, en pleine suspension des travaux, ne produisent ni vote ni question. Ce portrait en creux raconte donc autre chose : ce que vaut, en données, un siège de sénateur transmis sans élection, et ce qu'il devient quand on le remet en jeu.
Quatre jours de mandat, hémicycle fermé : la mécanique du suivant de liste
Dans les départements qui élisent trois sénateurs ou plus, le scrutin est proportionnel, de liste, à un tour. La Côte-d'Or en fait partie. Quand un siège se libère, il ne revient pas aux grands électeurs : il passe au candidat placé juste après le dernier élu de la liste. La règle vaut pour un décès comme pour une démission. C'est ce qui a fait d'Annouck Cotillot une sénatrice le 20 août, puis de Didier Maingault un sénateur le 25.
« Le sénateur élu à la représentation proportionnelle dont le siège devient vacant pour toute autre cause que l'acceptation de fonctions gouvernementales est remplacé par le candidat figurant sur la même liste immédiatement après le dernier candidat devenu sénateur conformément à l'ordre de cette liste. »
Article LO 320 du code électoral, tel que le ministère de l'Intérieur le cite dans sa réponse du 26 octobre 2023 à une question écrite du sénateur Olivier Paccaud.
Une deuxième règle verrouille le calendrier. L'article LO 322 du même code interdit toute élection partielle dans l'année qui précède un renouvellement du Sénat. Depuis le 27 septembre 2025, plus aucun siège vacant ne pouvait donc être rejoué devant les électeurs. Le mécanisme n'est pas une exception côte-d'orienne : d'après le registre des modifications de la composition du Sénat, quinze personnes sont entrées dans l'hémicycle depuis le 1er octobre 2025 et aucune par une élection. Cinq sont d'anciens ministres qui ont repris leur siège, dix sont des suivants de liste ou des suppléants, dont Anne Camerac dans l'Aisne le 16 août, Annouck Cotillot le 20 et Didier Maingault le 25.
Ses quatre jours de mandat tombent, enfin, dans le seul moment de l'année où un sénateur ne peut rien voter. Le dernier scrutin public de la session s'est tenu le 21 juillet 2026 ; le calendrier officiel du Sénat, que nous reprenons sur les fiches, affiche une suspension des travaux en séance plénière du 22 juillet au 30 septembre. Zéro vote n'est ici ni une absence ni un reproche : c'est une impossibilité matérielle. Didier Maingault, entré le 25 août, est dans la même situation, et se présente pourtant le 27 septembre avec la mention « sortant ».
Le siège dont elle a hérité : 909 scrutins, 33 amendements, sept questions
Le fauteuil qu'elle a occupé quatre jours a une histoire chiffrée. Sur la fenêtre couverte par notre base, d'octobre 2023 à juillet 2026, François Patriat a pris part à 902 des 909 scrutins publics du Sénat, soit 99,2 % : 440 votes pour, 377 contre, 85 abstentions. Il a déposé 33 amendements en son nom, dont 10 adoptés et 13 rejetés, et en a signé ou cosigné 853 au total. Il a posé sept questions, toutes des questions d'actualité au gouvernement, de la situation en Israël en octobre 2023 au narcotrafic en juillet 2026. Président du groupe RDPI depuis sa création en 2017, il votait avec la majorité de son groupe dans 99,1 % des cas.
« C'est avec une réelle émotion que je prends la parole après dix-huit années passées dans cette noble assemblée et trente-cinq ans de vie parlementaire, auxquels s'ajoutent les années passées au Conseil économique et social. Cette intervention en séance sera en effet, pour moi, la dernière. »
François Patriat, question d'actualité au gouvernement du 9 juillet 2026 sur le narcotrafic : la dernière prise de parole en séance du titulaire du siège, quarante et un jours avant sa mort.
Ce bilan n'est pas celui d'Annouck Cotillot, et c'est précisément le point. Le siège est acquis avec 428 voix de grands électeurs en 2020, sur le nom d'un ancien ministre et président de région ; il est exercé pendant près de six ans par ce seul homme ; il change deux fois de main en cinq jours sans qu'aucun électeur ne se prononce. En 2020, la deuxième place de la liste n'avait aucune chance d'être élue : la liste Patriat, à 26,6 %, obtenait un siège, et la liste Houpert-Loisier, à 43,6 %, les deux autres. La place de suivante de liste n'est pas un poste, c'est une promesse conditionnelle, et elle a fini par s'exécuter.
Discipline et présence : ce que l'on peut mesurer, et ce que l'on ne peut pas
Sur la loyauté de vote, l'alignement sur le groupe, la présence en séance : rien n'est mesurable pour un mandat de quatre jours sans séance. Le Sénat ne publie pas non plus de données de sanctions individuelles dans notre base, ni pour elle ni pour aucun sénateur. Les seuls indicateurs disponibles concernent le siège lui-même : la participation de son titulaire, 99,2 %, contre 98,9 % pour le sénateur médian, ce qui le plaçait au 152e rang sur 372 sénateurs ayant voté au moins une fois sur la période. Et le poids du siège devant les grands électeurs.
Le 27 septembre, la donne change. Il n'y a plus de François Patriat en tête de liste, et le siège RDPI de la Côte-d'Or « pourrait ne pas être conservé », reconnaissait Public Sénat le 2 septembre en dressant l'état du groupe. En face : Anne-Catherine Loisier et Alain Houpert, les deux sortants de droite et du centre, réunis sur une même liste ; l'ancien ministre François Rebsamen, qui conduit « La voix des communes » avec, en cinquième position, Guy Vadrot, cinquième de la liste Patriat en 2020 ; une liste du Rassemblement national, une liste du Nouveau Front populaire et une liste conduite par Franck Gaillard. Pour être élue, Annouck Cotillot a besoin que la liste Maingault obtienne deux sièges sur trois, ce qui suppose un score bien supérieur aux 26,6 % de 2020.
« Reprendre collectivement le flambeau »
Mot d'ordre de la liste « Territoires et Liberté » au dépôt des candidatures, rapporté par Dijon Actualités le 11 septembre 2026, avec trois valeurs affichées : proximité, sincérité, loyauté. Annouck Cotillot y est la deuxième candidate ; nous n'avons trouvé aucune déclaration publique personnelle de sa part sur sa démission.
Les quatre règles qui ont fait le siège
Parcours express
Retrouvez la fiche NosParlementaires d'Annouck Cotillot, celle de Didier Maingault, les trois sièges de la Côte-d'Or et leurs candidats dans notre page départementale, le bilan du groupe qu'elle a rejoint quatre jours dans notre article sur les 19 sénateurs RDPI, notre portrait de François Patriat de juin 2026, et les départements qui peuvent basculer dans notre tour de France des sièges. Comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.