Question écrite En attente de réponse #10#13#

Avenir de Fonderie de Bretagne

Posée le 09/07/2026 • Ministère interrogé : Industrie

Fabien Gay

Fabien Gay CRCE-K

Sénateur — Seine-Saint-Denis

La question

M. Fabien Gay interroge M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie sur la stratégie du Gouvernement pour garantir la pérennité des activités et des emplois de la Fonderie de Bretagne. La fonderie de Bretagne, située à Caudan, est une filiale historique du groupe Renault. Après avoir fait l'objet de multiples cessions consécutives, le site a finalement été repris par le groupe Europlasma, spécialisé dans le rachat de site sidérurgique au bord de la faillite (Luxfer, Satma...). Ce groupe, qui s'illustre particulièrement par son refus d'honorer les engagements formulés lors des opérations de reprise (notamment pour les Forges de Tarbes et de Valdunes), est financé depuis 2016 à hauteur d'environ 100 millions d'euros par le fonds d'investissement Alpha Blue Ocean (ABO), domicilié dans des paradis fiscaux, à Dubaï et aux Bahamas. Il a déjà été condamné en 2024 par les autorités de régulation et dont les dirigeants font l'objet de plaintes pénales. ABO est notamment spécialisé dans les obligations convertibles en actions avec bons de souscription d'actions, des outils financiers qui provoquent une chute mécanique des cours de bourse. Malgré ces informations publiques, la revente de la Fonderie de Bretagne a été validée en 2025 par le tribunal de commerce de Rennes. Lors de la reprise du site de Caudan, Europlasma s'était engagé à apporter 11 000 tonnes par an de nouvelles productions à la Fonderie de Bretagne, permettant au site de se diversifier et de défaire rapidement sa dépendance à l'égard du secteur automobile, en berne ces dernières années. Après une période de chômage partiel à la fin de l'année 2025, un incendie a eu lieu en janvier 2026 dans un des fours de la fonderie, conduisant à la mise à l'arrêt du site. Contrairement aux différentes annonces faites par la direction d'Europlasma, l'activité n'a jamais repris. Plus encore, un an après ce rachat, force est de constater que les promesses industrielles et financières prises par le racheteur n'ont pas été honorées : les 4,5 millions d'euros d'investissement promis sur trois ans pour moderniser le site n'ont pas été décaissés, et les engagements sur les volumes de production n'ont pas été tenus. En mars, un communiqué du groupe Europlasma annonçait une entrée en « négociation exclusive avec un investisseur français » en vue de la cession de « ses activités liées à la défense », sans plus d'informations. Réagissant à ces nouvelles, le ministre de l'industrie a indiqué par voie de presse que « Les apports annoncés et les investissements promis sont restés très inférieurs à ce qui avait été présenté devant le tribunal. L'État et les collectivités, eux, ont tenu leurs engagements et accompagné l'entreprise, notamment après l'incendie survenu en début d'année. À quelques jours du paiement des salaires, les dirigeants et les actionnaires d'Europlasma, responsables de cette situation, doivent rendre des comptes ». Le 30 juin, les représentants du personnel ont été convoqués à un comité social et économique (CSE) extraordinaire pour leur communiquer la volonté du groupe de placer l'entreprise en procédure de redressement judiciaire. Aussi, une telle décision d'Europlasma, aux pratiques plus que contestables alors que le groupe opère dans des secteurs industriels stratégiques, appelle une intervention forte de l'État, qui détient toujours 15 % du capital de Fonderie de Bretagne. Il souhaiterait donc savoir quelle stratégie le Gouvernement entend déployer pour conserver les emplois, les savoir-faire et l'outil industriel de l'entreprise Fonderie de Bretagne sur le sol français.

⏳ Cette question n'a pas encore reçu de réponse du gouvernement.

Source : senat.fr ↗

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