Remboursement du matériel de propagande électorale dans les communes de moins de 1 000 habitants
Fabien GenetLes Républicains
Sénateur — Saône-et-Loire
La question
M. Fabien Genet attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur les difficultés rencontrées par les candidats aux élections municipales dans les communes de moins de 1 000 habitants s'agissant de la prise en charge des frais de propagande électorale.
En effet, la loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité a étendu le scrutin de liste aux communes de moins de 1 000 habitants, modifiant en profondeur les règles de présentation des candidatures dans ces territoires. Désormais, les candidats y sont soumis à des exigences comparables à celles des communes plus importantes, notamment en matière de constitution de listes et de matériel de campagne.
Or, si dans les communes de 1 000 habitants et plus l'État assure la prise en charge, sous réserve de l'obtention d'au moins 5 % des suffrages exprimés, des dépenses liées à la propagande électorale, notamment l'impression des circulaires, des bulletins de vote et les frais d'affichage, ce dispositif ne s'applique pas aux communes de moins de 1 000 habitants. Dans ces dernières, les candidats doivent donc supporter directement l'ensemble des coûts liés à leur campagne, qu'il s'agisse de l'impression des documents, de leur diffusion ou encore de leur distribution, ce qui peut parfois représenter une charge financière significative.
Dans ce nouveau contexte, il apparaît difficilement justifiable que des candidats soumis aux mêmes obligations électorales ne bénéficient pas des mêmes conditions matérielles pour mener campagne. Cette situation crée une inégalité de fait et constitue un frein supplémentaire à l'engagement local, en particulier dans les territoires déjà les plus fragiles sur le plan démocratique.
Aussi, il lui demande de bien vouloir indiquer quelles mesures le Gouvernement entend mettre en oeuvre afin de garantir une égalité d'accès à la compétition électorale, de renforcer le pluralisme démocratique et de ne pas pénaliser les candidats engagés dans les communes de moins de 1 000 habitants, où l'engagement municipal repose très largement sur le bénévolat et le sens du service public.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/09/2026À l'occasion des élections municipales, pour chaque tour de scrutin, le remboursement par l'État des frais d'impression ou de reproduction et d'affichage est prévu par l'article R. 39 du code électoral et ouvert aux candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés dans les seules communes de 1 000 habitants et plus. Pour les très petites communes (moins de 1 000 habitants), aucun remboursement n'est prévu, y compris pour la propagande électorale. Les frais engagés par les candidats aux élections municipales pour leur propagande électorale varient mécaniquement en fonction de la taille de la commune. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats sont identifiés et connus par tous les électeurs. En effet, les 23 920 communes de moins de 1 000 habitants comptent en moyenne 355 habitants. Ces candidats peuvent facilement leur exposer leur programme, même de vive voix. L'impression d'affiches, de circulaires ou de tracts est moins nécessaire ; sa volumétrie est réduite en raison du faible nombre d'électeurs inscrits concernés par le scrutin. En outre, en droit électoral, le principe d'égalité entre les candidats, ou entre les électeurs, s'apprécie à l'échelle d'une même circonscription électorale, soit, pour les élections municipales, à l'échelle d'une même commune, afin de garantir la sincérité du scrutin. Ainsi, l'existence de règles de dépenses électorales différentes entre des communes de taille différente n'a pas d'impact sur l'égalité entre les candidats, ni entre les électeurs, puisque les mêmes règles s'appliquent à l'échelle de la circonscription. Le seuil de remboursement de la propagande fixé à 1 000 habitants vise également à simplifier le contrôle administratif des dépenses de propagande. Dans les petites communes (qui représentent la majorité en France puisqu'environ 23 920 communes sur 35 000 ont moins de 1 000 habitants), les campagnes sont souvent modestes, menées par des candidats indépendants. Le seuil de 1 000 habitants permet de limiter le remboursement aux circonscriptions où les dépenses sont plus élevées et structurées. Il n'est donc pas envisagé de modifier le code électoral afin d'abaisser les seuils de remboursement de la propagande électorale.
Source : senat.fr ↗
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