Inquiétudes liées à la disparition du statut de conjoint collaborateur
Fabien GenetLes Républicains
Sénateur — Saône-et-Loire
La question
M. Fabien Genet attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire au sujet de la disparition du statut de conjoint collaborateur au 31 décembre 2026.
Créé par la loi n°2005-882 du 2 août 2005 en faveur des petites et moyennes entreprises et codifié à l'article L. 321-5 du code rural et de la pêche maritime, le statut de conjoint collaborateur a permis de reconnaître et de protéger les droits sociaux du conjoint du chef d'entreprise fortement impliqué dans l'activité de celle-ci, que ce soit au niveau de l'assurance maladie, de la vieillesse ou de l'invalidité. Il est très largement utilisé dans les très petites entreprises (TPE), petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que dans les entreprises artisanales, commerciales et agricoles, et constitue en outre une reconnaissance du rôle actif des conjoints de chef d'entreprise dans la vie de l'entreprise.
Limité à 5 ans depuis la loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021 de financement de la sécurité sociale pour 2022, ce dispositif arrive aujourd'hui à échéance pour les premiers bénéficiaires qui devront, à compter du 31 décembre 2026, choisir un autre statut. Cette perspective suscite de fortes inquiétudes dans les milieux économiques, en particulier parmi les petites entreprises et les exploitations agricoles, en raison des conséquences sociales et financières qu'elle pourrait entraîner.
Aussi, il lui demande de bien vouloir préciser les intentions du Gouvernement concernant ce dispositif et, le cas échéant, les mesures envisagées afin d'assurer une transition adaptée ou de proposer un cadre alternatif permettant de ne pas fragiliser la position des entreprises et des personnes concernées.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/09/2026La limitation à cinq ans du statut de collaborateur d'exploitation ou d'entreprise agricole a été introduite par l'article 3 de la loi n° 2021-1679 du 17 décembre 2021 visant à assurer la revalorisation des pensions de retraites agricoles les plus faibles. L'article 87 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2025 est venu par la suite préciser les conditions de cette réforme. Ainsi, depuis l'entrée en vigueur de cette réforme, le conjoint, concubin ou partenaire d'un pacte civil de solidarité du chef d'une exploitation ou d'une entreprise agricole peut toujours choisir d'y exercer son activité professionnelle en qualité de collaborateur d'exploitation ou d'entreprise agricole dans les conditions prévues à l'article L. 321-5 du code rural et de la pêche maritime (CRPM), mais cette qualité ne peut être détenue plus de cinq ans. S'agissant des personnes qui exerçaient au 1er janvier 2022 une activité professionnelle sous ce statut de collaborateur, la durée de cinq ans s'apprécie au regard des seules périodes postérieures à cette date. Toutefois, cette réforme ne s'applique pas aux personnes atteignant l'âge du départ à la retraite à taux plein (67 ans), avant le 1er janvier 2032, afin d'éviter aux personnes proches de la retraite de devoir changer de statut. En dehors de cette situation particulière, plus de 8 000 personnes occupant ce statut depuis le 1er janvier 2022 devront en changer au plus tard le 31 décembre 2026, en optant soit pour le statut de salarié, soit pour celui de chef d'exploitation ou d'entreprise agricole, si elles souhaitent poursuivre leur activité professionnelle au sein de l'agriculture. Pour encourager l'installation en qualité de chef d'exploitation à titre principal ou exclusif, l'article 10 de la LFSS pour 2026 a prévu une exonération partielle et dégressive sur cinq ans des cotisations sociales maladie, invalidité, famille et vieillesse de base qui est susceptible de concerner près de 7 500 personnes, majoritairement des femmes. La publication du décret d'application n° 2026-757 du 8 août 2026 ouvre ainsi la voie à la mise en oeuvre de cette exonération selon les mêmes conditions que celles prévues pour les jeunes agriculteurs de 40 ans et moins, mais s'adresse aux conjoints collaborateurs âgés de plus de 40 ans, qui s'installeront, à compter du 1er janvier 2027, en tant que chefs d'exploitation. Ils devront toutefois s'engager à conserver la qualité de chef d'exploitation à titre principal ou exclusif pendant au moins cinq ans à compter de leur installation. Dans cette perspective, et afin d'accompagner au mieux les collaborateurs d'exploitation ou d'entreprise agricole dans le choix de leur nouveau statut, les caisses de mutualité sociale agricole, ont prévu un accompagnement des assurés, au travers de campagnes de webinaires ou de courriels et courriers adressés personnellement aux intéressés concernés.
Source : senat.fr ↗
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