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Question écrite ✓ Répondue le 03/09/2026 #6#29#10#

Disparité excessive du prix du cheval fiscal entre les conseils régionaux fixant le prix des certificats d'immatriculation

Posée le 28/05/2026 · Ministère interrogé : Aménagement du territoire et décentralisation

Jean Hingray Jean HingrayUC Sénateur — Vosges

La question

M. Jean Hingray attire l'attention de Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur les effets dommageables d'une tarification du cheval fiscal fixée par les conseils régionaux sans harmonisation nationale. Les conseils régionaux ont la liberté de fixer le prix du cheval fiscal. Il faut rappeler qu'à l'occasion de la réforme territoriale initiée en 2014, le nombre de régions métropolitaines est passé de 21 à 12. Cela a logiquement conduit à harmoniser le prix du cheval fiscal sur les nouveaux territoires et globalement un consensus général s'était formé pour conserver une homogénéité nationale. Cette démarche avait pour finalité de rompre avec une compétition entre territoires lorsque certains départements comme la Seine-Maritime en 2002 ou l'Oise en 2003 avaient adopté la gratuité de la vignette pour tous les véhicules. Il en avait résulté que les sociétés de location avaient afflué vers ces destinations pour économiser les taxes sur chaque nouvelle immatriculation. Au final, ces stratégies contribuant à leur manière à l'aménagement du territoire recouraient à des schémas de distorsion de concurrence difficilement acceptables à l'échelle d'une communauté nationale. Aujourd'hui, force est de constater que l'homogénéité du prix du cheval fiscal n'est plus réellement tenue. Quand il est fixé à 43 euros dans la région Hauts de France, il atteint 68,95 euros en Île-de-France soit un écart d'environ 60 %. Les hausses de taxes appliquées dans certaines régions ont fini par désolidariser les prix. Cette réelle disparité pourrait conduire à revenir à une situation antérieure de concurrence entre régions. Cela est accentué dans le Grand Est situé au contact de plusieurs pays européens, région où la sensibilité des acteurs économiques et des habitants aux différences de fiscalité et de coûts est particulièrement marquée. Dans ce contexte, des écarts trop marqués entre régions françaises peuvent fragiliser l'équité territoriale et nuire à la cohérence de l'action publique. Aussi, tout en respectant le principe de libre administration des collectivités territoriales, il apparaît souhaitable d'engager une réflexion visant à mieux encadrer ces écarts, afin de prévenir toute distorsion excessive. Il lui demande donc d'instaurer avec les conseils régionaux un dialogue constructif sur la fixation du prix du cheval fiscal de façon à maintenir à terme une homogénéité tarifaire nationale dans le respect d'un écart-type à définir.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 03/09/2026
L'immatriculation d'un véhicule à moteur est soumise en France à une taxe fixe au profit de l'Etat et à une taxe régionale dont les modalités sont prévues aux articles L421-41 à L421-54-1 du Code des impositions sur les biens et services. Le montant de la taxe régionale est calculé en fonction de la puissance administrative du véhicule et du prix du cheval fiscal, librement déterminé par chaque conseil régional dans la limite, fixée par la loi, de 60 euros. Concernant les écarts observables entre régions, le cadre juridique en vigueur apporte une réponse satisfaisante. L'existence du plafond légal garantit, en effet, un niveau d'harmonisation entre les régions et prévient l'apparition de distorsions tarifaires excessives. Plusieurs régions, dont la région Grand Est, ont d'ores et déjà atteint ce plafond. Afin d'assurer la continuité du financement des transports collectifs en Ile-de-France une exception à ce plafonnement a été introduite en loi de finances pour 2026, permettant à la région Ile-de-France de pratiquer une majoration de 14 euros en 2026, puis de 12 euros à compter de 2027 afin de compenser la suppression en 2025 de la majoration d'accise sur les carburants affectée à Île-de-France Mobilités. En dehors de ce cas particulier, le prix du cheval fiscal est fixé à 43 euros dans deux régions de métropole et à plus de 50 euros dans toutes les autres, dont six au plafond de 60 euros. Cet écart, qui ne peut s'accentuer en l'état de la législation, ne saurait constituer une telle hétérogénéité fiscale qu'elle serait préjudiciable entre les territoires. Il convient de rappeler que le pouvoir de fixation du prix du cheval fiscal s'inscrit dans le cadre du principe de valeur constitutionnelle de libre administration des collectivités territoriales, garanti par l'article 72 de la Constitution.

Source : senat.fr ↗

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