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Question écrite ✓ Répondue le 27/08/2026 #23#

Prévention et dépistage du cancer de la prostate

Posée le 16/04/2026 · Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Daniel Salmon Daniel SalmonGEST Sénateur — Ille-et-Vilaine

La question

M. Daniel Salmon attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur l'absence de politique nationale de dépistage du cancer de la prostate. Chaque année en France, près de 60 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont diagnostiqués et plus de 12 000 décès ont été comptabilisés en 2023, faisant de cette pathologie l'un des cancers le plus fréquent mais aussi le plus meurtrier. Ce cancer silencieux, qui touche déjà plus de 500 000 personnes, souvent découvert trop tard, à un stade bien trop avancé, nécessite des traitements longs et coûteux. Ainsi, le coût pour la sécurité sociale a été en 2023 de 2,7 milliards d'euros, soit 350 millions d'euros de plus qu'en 2022. Malgré ce terrible constat, aucun programme national de dépistage organisé n'existe à ce jour. S'il se félicite que des campagnes de sensibilisation soient menées sur le cancer du sein pour les femmes, le dépistage du cancer colorectal ou encore du poumon, la revue internationale The Lancer prévoit d'ici à 2040 un doublement du nombre de cancer de la prostate. C'est pourquoi, il insiste sur la nécessité de mettre en place une stratégie de prévention sur ce type de cancers, notamment en ciblant les populations de 50 ans et plus, reposant sur un outil simple, celui d'une prise de sang permettant le dosage du taux de PSA. En plus de la prévention, il convient néanmoins de s'interroger sur les causes du développement de ces cancers : pesticides, qualité de l'air, dérèglements hormonaux. L'anticipation permettant de se prémunir des risques, il souhaite connaître les mesures que le Gouvernement entend mettre en place afin de renforcer la prévention, l'information et le dépistage du cancer de la prostate.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 27/08/2026
Avec plus de 50 000 nouveaux cas et plus de 9 000 décès annuels, le cancer de la prostate est, chez l'homme, le premier cancer en termes d'incidence et le troisième en termes de mortalité. La valeur prédictive positive en population d'un taux élevé de PSA (Prostate-specific antigen) est faible, ce qui expose à un nombre élevé d'investigations invasives inutiles, à la fois douloureuses et à risque de générer des complications sérieuses (infections, hospitalisations…). De plus, la décision médicale de mise en place d'un traitement doit faire l'objet d'une analyse individuelle de la balance bénéfice-risque. En effet, le cancer de la prostate est le plus souvent d'évolution lente et les traitements du cancer de la prostate sont grevés d'un taux élevé de séquelles invalidantes (incontinence, impuissance…), qui mérite d'être considéré si le cancer n'est pas agressif. Pour ces raisons, le dépistage organisé du cancer de la prostate fait l'objet de débats par la communauté médicale et scientifique internationale et il n'a pas encore été démontré que le dépistage organisé du cancer de la prostate soit associé à un bénéfice significatif en termes de réduction de la mortalité tout comme il n'est pas possible aujourd'hui d'émettre de recommandations particulières visant à prévenir le développement du cancer de la prostate. En effet, les évaluations et recommandations des agences d'évaluation et des autorités sanitaires, publiées en France et au niveau international, sont, depuis plusieurs années, concordantes et considèrent qu'en l'état actuel des connaissances, il n'y a pas lieu de mettre en place de programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA (et/ou toucher rectal) ni de recommander cette pratique à l'échelle populationnelle. Elles concluent également qu'une information éclairée du patient, sur l'ensemble de la démarche de dépistage et ses conséquences, par le médecin, est nécessaire avant qu'un homme ne décide ou non de faire un dosage et ce, dans le cadre d'un dépistage individuel. La stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030 prévoit de renforcer la recherche dans le domaine des dépistages, notamment pour développer de nouvelles modalités de dépistage, comme celui du cancer de la prostate. La question du dépistage des cancers de la prostate agressifs fait ainsi l'objet d'un Programme d'actions intégrées de recherche (PAIR) de haut niveau, soutenu par l'institut national du cancer, la ligue nationale contre le cancer et la fondation ARC pour la recherche sur le cancer. L'ambition de ce PAIR est de pouvoir « dépister de façon plus précise, en connaissant mieux les personnes à risque élevé, avec de nouveaux outils de dépistage, de nouvelles technologies moins invasives, plus facilement acceptables, et plus fiables que les tests actuels ». Dans ce contexte, il n'est pas prévu à ce stade de mettre en place un programme national de dépistage du cancer de la prostate à l'instar de ceux mis en place pour le dépistage des cancers du sein, du col de l'utérus et du colon-rectum. Néanmoins, l'institut national du cancer développe de nombreux outils et contenus d'information du grand public sur le cancer de la prostate et le dépistage individuel (rubriques du site cancer.fr, brochure d'information grand public sur le dépistage du cancer de la prostate).

Source : senat.fr ↗

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