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Question écrite ✓ Répondue le 25/08/2026 élevage

Impact de l'épidémie d'influenza aviaire et indemnisation des éleveurs

Posée le 31/12/2024 · Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire

Mélanie Thomin Mélanie ThominSOC Députée — Finistère (6)

La question

Mme Mélanie Thomin interroge Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur les conséquences économiques de la circulation du virus responsable de l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) et particulièrement sur les modalités d'indemnisation des éleveurs affectés par les mesures de restrictions sanitaires. La situation sanitaire est particulièrement préoccupante, ces dernières années étant marquées par une recrudescence des crises épizootiques en France, ce qui a notamment conduit les autorités françaises à relever le niveau de risque épizootique, passant de « modéré » à « élevé » sur l'ensemble du territoire métropolitain, par un arrêté en date du 31 octobre 2024. La Bretagne n'a pas été épargnée par la circulation du virus : depuis août 2024, ce sont neuf foyers d'IAHP qui ont été détectés en Bretagne. Cette situation a particulièrement affecté des entreprises comme France Poultry et Yer Breizh, situées dans la circonscription de Mme la députée. Ces deux sociétés qui gèrent respectivement l'abattage des poulets, le conditionnement et la vente vers les pays du Moyen-Orient, exportent 95 % de leur production vers l'Arabie Saoudite. Alors qu'en cas de détection du virus de l'IAHP, la réglementation européenne prévoit une mise à l'arrêt des exportations dans un rayon de 10 km autour de l'établissement contaminé, l'Arabie Saoudite applique une réglementation sanitaire bien plus stricte. Ainsi, dès lors qu'un cas d'influenza aviaire est détecté dans un département, ce sont l'intégralité des importations dudit département qui sont mises à l'arrêt. Pendant très exactement deux mois, de mi-septembre jusqu'à mi-novembre, l'Arabie-Saoudite a de ce fait interdit toute importation de poulets provenant du département finistérien, mettant en péril une partie de la filière avicole locale. Ces mesures protectionnistes émanant de l'Arabie-Saoudite ont entraîné des conséquences dramatiques sur l'ensemble de la filière et suscitent de vives inquiétudes relatives à la fragilisation des exploitations, du fait de leur interdépendance avec l'étranger. En effet, si les éleveurs situés dans un périmètre de 10 km autour des foyers contaminés peuvent solliciter une indemnisation auprès de l'État au titre des mesures de restrictions sanitaires, les 130 éleveurs de volailles fournissant Yer Breizh, qui ne se trouvent pas dans ce périmètre et ne sont donc pas concernés par les restrictions, ne peuvent prétendre au dispositif d'indemnisation. Pourtant, ces éleveurs se retrouvent dans une situation économique très difficile, leur activité ayant été suspendue pendant deux mois, du fait de l'arrêt des exportations vers l'Arabie Saoudite. Elle souhaite donc savoir quels mécanismes d'indemnisation sont prévus par le ministère de l'agriculture pour soutenir le réseau des 130 éleveurs fournissant Yer Breizh et plus largement, l'ensemble de la filière touchée par cette crise.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 25/08/2026
Depuis 2015, les éleveurs de volailles ont fait face à des épisodes répétés d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Tout au long de ces crises, les acteurs de la filière ont pu compter sur le soutien indéfectible de l'État. Au total, il a dépensé près d'1,3 milliard d'euros pour prendre en charge une partie des pertes liées aux mesures de police sanitaire pour enrayer cette maladie (en particulier les abattages sanitaires et les arrêts de production). Le cas particulier de France Poultry est connu des services de l'État et fait l'objet d'un suivi rapproché.  S'agissant des pertes liées à la fermeture des marchés exports et supportées par les éleveurs situés en dehors de la zone faisant l'objet de restrictions sanitaires, le régime exempté sur les maladies animales (SA 108469), sur lequel se fonde l'intervention de l'État, ne permet pas de les prendre en charge. Parallèlement, les autorités françaises ont également mené des actions diplomatiques pour rouvrir le marché saoudien et limiter les restrictions à la seule zone infectée sur un rayon de 10 kilomètres et non pas à l'ensemble du département.  Les échanges se poursuivent à un niveau bilatéral entre services, avec l'appui de la conseillère agricole sur place. Il convient de signaler que l'Union européenne (UE) a exprimé la même demande aux autorités saoudiennes dans le cadre des négociations en cours sur un certificat harmonisé pour l'exportation de viandes et produits carnés des États membres de l'UE vers l'Arabie Saoudite. La Commission européenne a confirmé récemment que l'Arabie Saoudite a validé ce principe. Le certificat d'exportation est encore en cours d'élaboration par la Commission européenne. Dès sa validation, l'entreprise comme l'ensemble des opérateurs de la filière sera informée et les conditions seront mises à jour sur la plateforme dédiée (Expadon 2).  Les services de l'État ont donc été particulièrement mobilisés pour aider France Poultry et les éleveurs concernés.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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