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Question au Gouvernement ✓ Répondue le 09/07/2026 #17#19#

Disparition d'engagés militaires de Calédonie et de Polynésie

Posée le 09/07/2026 · Ministère interrogé : Armées et anciens combattants

Lana Tetuanui Lana TetuanuiUC Sénatrice — Polynésie française

La question

M. le président. La parole est à Mme Lana Tetuanui, pour le groupe Union Centriste. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.) Mme Lana Tetuanui. Monsieur le président, j'associe mes collègues calédoniens à ma question. Monsieur le Premier ministre, ancien ministre des armées, la presse et le procureur de la République de Toulon se sont fait l'écho la semaine dernière de faits glaçants, horrifiants, portant sur la disparition de deux jeunes militaires : depuis plus de quatre ans pour Jacques Pakeso, Calédonien engagé dans la marine à Saint-Mandrier, et depuis trois ans pour Mike Gineste, Polynésien engagé dans la Légion étrangère, aux excellents états de service. Selon les faits relatés, tous deux auraient été victimes d'actes meurtriers. Des dépôts de plainte classés sans suite, de jeunes militaires déclarés déserteurs par leur hiérarchie, c'est inimaginable ! Cette affaire scandalise toute la communauté du Pacifique. Monsieur le Premier ministre, au-delà de l'aspect judiciaire et par respect pour les familles qui attendent des réponses, ne pensez-vous pas qu'il y a là un problème ? Des moyens ont-ils été mis en oeuvre pour les retrouver ? (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 09/07/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre des outre-mer.

Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer. Madame la sénatrice Tetuanui, je souhaite vous faire part de notre profonde émotion et adresser nos pensées solidaires aux familles, ainsi qu'aux proches de Jacques Pakeso et de Mike Gineste.

Je tiens à leur assurer que nous nous tenons à leurs côtés. Chaque fois que nos jeunes des outre-mer sont frappés par de tels drames, toute la communauté nationale s'en trouve affectée.

Il ne s'agit pas d'ajouter de la souffrance à la souffrance. Il est évident que les familles n'ont pas à supporter, en plus de leur douleur personnelle, des décisions ou des arbitrages administratifs qui ne correspondraient pas à la réalité. Je souhaite donc vous apporter quelques précisions.

Tout d'abord, s'agissant du matelot Jacques Pakeso, celui-ci n'a pas été déclaré déserteur. Il importe que nous puissions le dire publiquement à l'attention des familles.

Il s'était engagé en décembre 2021, et son contrat a été résilié au cours de la période probatoire de six mois, soit en mai 2022. Il se trouvait alors en formation. Sa famille a signalé sa disparition à la fin du mois de décembre 2022, c'est-à-dire plusieurs mois après qu'il eut quitté la marine. C'est durant cette période, semble-t-il, qu'il aurait été hébergé par la famille mise en cause.

Ensuite, s'agissant de Mike Gineste, engagé dans la Légion étrangère, je vous informe qu'une procédure a été engagée à une époque où l'armée de terre ignorait le sort qui lui était réservé. À la lumière des récents éléments de l'enquête judiciaire, la décision de résiliation de son contrat pour motif disciplinaire sera rapidement retirée, ce qui entraînera une reconstitution de sa situation militaire.

Enfin, madame la sénatrice, je vous indique que les chefs d'état-major de l'armée de terre et de la marine adresseront aux familles des deux militaires disparus un témoignage de soutien des armées face à la tragédie qui les frappe. Ils leur proposeront, si elles le souhaitent, des dispositifs d'accompagnement. (M. François Patriat applaudit.)

M. le président. La parole est à Mme Lana Tetuanui, pour la réplique.

Mme Lana Tetuanui. Je vous remercie, madame la ministre. Il faudra également remercier la presse d'avoir relayé ce drame !

Servir la patrie mérite sincèrement bien plus de considération et de suivi lors de telles disparitions. Nos jeunes engagés polynésiens sont très nombreux ; il est normal de s'interroger sur ce si long silence à l'égard des familles dans l'attente.

Madame la ministre, si je suis réélue au Sénat, je compte bien demander la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur ces affaires graves qui concernent nos armées.

Source : senat.fr ↗

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