Aller au contenu
nosparlementaires.

Les votes. Les textes.
Les visages du pouvoir.

Question écrite ✓ Répondue #3#6#14#

Projet de consigne des bouteilles plastiques, une réforme contestée et contre-productive

Posée le 09/07/2026 · Ministère interrogé : Transition écologique, biodiversité et négociations internationales sur le climat et la nature

Sylvie Valente Le Hir Sylvie Valente Le HirLes Républicains Sénatrice — Oise

La question

Mme Sylvie Valente Le Hir appelle l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les fortes préoccupations exprimées par de nombreuses collectivités territoriales concernant le projet de consigne pour recyclage des bouteilles plastiques et des canettes. Présenté comme une avancée environnementale, ce dispositif apparaît de plus en plus, sur le terrain, comme une « fausse bonne idée », susceptible de fragiliser les territoires les plus performants et de déstabiliser un service public construit depuis près de trente ans grâce à des investissements publics importants. À ce titre, il rappelle la situation du syndicat mixte départemental des ordures ménagères (SMDO) de l'Oise, que M. le ministre a récemment visité. Ce syndicat recycle plus de 150 millions de bouteilles plastiques par an pour 800 000 habitants, avec un taux de captation de 66 % et un taux de recyclage de 100 % des bouteilles captées. Ces résultats reposent à la fois sur des investissements publics significatifs et sur l'adhésion des habitants à un geste de tri simple et efficace. Cette situation est loin d'être isolée. Elle reflète celle de nombreux territoires qui ont structuré un service public performant. L'association des maires de France et des présidents d'intercommunalités (AMF), Intercommunalités de France et France urbaine ont d'ailleurs qualifié ce projet de « fausse consigne », estimant qu'il est à la fois inefficace sur le plan environnemental et pénalisant pour les collectivités. En effet, la coexistence de deux systèmes, le tri en bac jaune et le retour en point de vente, risque de brouiller les repères des usagers. Des déchets aujourd'hui correctement triés pourraient basculer vers les ordures ménagères, entraînant une régression des performances de recyclage. Sur le plan économique, la réforme pose également difficulté. En retirant aux collectivités les flux les plus valorisables, elle affaiblirait l'équilibre financier du service public, sans réduction équivalente des charges. Les centres de tri seraient fragilisés et les collectivités contraintes de répercuter ces coûts. Dans l'Oise, l'impact est estimé à plus de 16 % d'augmentation des contributions appelées. Ce chiffre illustre les conséquences potentielles pour de nombreux territoires. Les habitants seraient ainsi doublement pénalisés : par l'avance d'une consigne à l'achat et par une hausse du coût du service. Dans ce contexte, cette réforme suscite une incompréhension totale chez les élus. Pourquoi déstabiliser un système qui fait aujourd'hui la preuve de son efficacité ? Pourquoi ne pas renforcer les dispositifs existants plutôt que d'imposer un modèle dont l'efficacité globale reste incertaine ? Face à ces préoccupations, elle demande au Gouvernement comment il entend garantir que la mise en place de cette consigne ne conduira pas à une dégradation des performances de recyclage dans les territoires les plus vertueux ; à un affaiblissement du service public local de la gestion des déchets ; à une augmentation du coût supporté par les usagers ni à une augmentation de la production des emballages plastique.

✓ Réponse du gouvernement

Le Conseil de planification écologique (CPE), réuni autour du Président de la République le 19 mai dernier, a validé le lancement du Plan Plastique pour accélérer l'éco-conception des emballages, renforcer les capacités industrielles de collecte, de tri et de recyclage, et déployer le réemploi afin d'atteindre nos objectifs européens de 55 % de recyclage des emballages plastiques en 2030, et de 90 % de collecte des bouteilles en plastique en 2029.

En effet, le taux de recyclage des emballages en plastique était seulement de 25,7 % en 2024 et celui des bouteilles en plastique de 58,3 %, plaçant la France parmi les derniers États membres de l'Union européenne. La France doit accélérer pour rattraper son retard.

Des concertations ont été engagées avec l'ensemble des parties prenantes pour identifier les actions concrètes, dont la consigne pour recyclage, de nature à permettre d'atteindre ces objectifs.

Ces concertations ont confirmé l'état des lieux au niveau national et l'importance d'améliorer les performances de recyclage et de collecte. En effet, l'analyse des résultats montre que les performances de collecte des bouteilles en plastique sont extrêmement variables d'un territoire à l'autre. Près de 230 intercommunalités, regroupant plus de 11 millions d'habitants, notamment en zone rurale, atteignent déjà l'objectif de 77 % de collecte des bouteilles en plastique. A contrario, près de 45 intercommunalités, regroupant plus de 14 millions d'habitants, notamment en zone urbaine, présentent un taux de collecte des bouteilles en plastique inférieur à 35 %.

Dans ces conditions, le Gouvernement propose aux parties prenantes, pour la suite de la concertation, de mieux prendre en compte la réalité territoriale des niveaux de performance des intercommunalités. En effet, une application uniforme de la consigne sur l'ensemble du territoire national modifierait en profondeur l'organisation des collectivités qui ont déjà atteint le niveau de performance attendu. Un effort supplémentaire est cependant nécessaire pour les collectivités qui présentent des taux de collecte très en deçà des objectifs nationaux.

La mise en place de la consigne est ainsi proposée aux seules collectivités volontaires, notamment celles présentant les taux de collecte les plus bas.

Source : senat.fr ↗

Autres questions de Sylvie Valente Le Hir

Blocage des négociations conventionnelles des sages-femmes

Question écrite · 09/07/2026

En attente

Effets contre-productifs du dispositif France ruralités revitalisation sur l'installation des médecins dans les territoires ruraux

Question écrite · 09/07/2026

En attente

Conditions d'application du taux de TVA à 5,5 % aux pompes à chaleur air-air

Question écrite · 09/07/2026

En attente

Difficultés rencontrées par les centres de gestion de la fonction publique territoriale en matière de contrôle de l'honorabilité des agents territoriaux intervenant auprès de mineurs

Question écrite · 09/07/2026

En attente
← Retour à la fiche de Sylvie Valente Le Hir