La question
M. le président. La parole est à Mme Mélanie Vogel, pour le groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
Mme Mélanie Vogel. On dit souvent qu'il faut tout un village pour élever un enfant. La vérité, c'est qu'il faut aussi tout un village pour violer un enfant. (Protestations sur des travées du groupe Les Républicains.) Il faut tout un village pour tuer sa femme, et il faut tout un village pour battre à mort un jeune homme, Noahm, parce qu'il est gay, en pleine rue, le jour où s'ouvre le mois des fiertés en France.
De telles violences ne sont pas individuelles, elles ne sont pas étrangères les unes aux autres et elles ne sont pas des accidents. Ce sont des violences de genre, dirigées contre les enfants, contre les femmes, contre les personnes LGBT. Elles ont en commun ceux qui les commettent : les hommes.
Le viol est un problème d'homme. Le meurtre est un problème d'homme. La violence est un problème d'homme. Nous avons un problème avec les hommes. (Vives protestations sur des travées des groupes UC et Les Républicains.) Pas tous les hommes, mais tous des hommes !
Tant que l'on parlera principalement de la procureure d'Auch ou de responsabilité individuelle, tant que l'on ne voudra « pas entendre d'arguments sur les moyens », alors qu'il y a en moyenne quatre fois moins de procureurs en France que dans les autres pays européens et qu'à moyens constants, il est impossible de bien traiter les plaintes, tant que l'on sous-investira dans la prévention et dans l'éducation, tant que l'on ignorera le rapport de 2022, issu des services de l'État, qui étrille notre gestion judiciaire des enquêtes sur les violences faites aux enfants, tant que nous voterons des lois sans moyens, tant que l'on entendra des propositions absurdes comme la castration chimique, qui trahissent un complet et total mépris du sujet, tant que 75 % des recommandations de la Ciivise et 80 % des mesures du plan national pour l'égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ ne seront pas appliquées, tant que le Gouvernement niera que c'est une révolution culturelle qu'il faut engager, l'on ne sortira pas du système des violences masculines.
Ce n'est plus possible ! Dans notre histoire, hélas ! le meurtre de Lyhanna n'a rien d'exceptionnel ni de nouveau. La réaction de la société, elle, en revanche, est nouvelle. Nous sommes aujourd'hui des millions à ne plus accepter de vivre dans une société où la norme est que les hommes violent, battent et tuent. (Vives protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)
Quand allez-vous le comprendre ? (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et CRCE-K.)