Question écrite ✓ Répondue le 09/07/2026 #13#29#

Gestion des campagnes de rappel de véhicules présentant des risques graves pour la sécurité des usagers

Posée le 28/05/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Silvana Silvani

Silvana Silvani CRCE-K

Sénatrice — Meurthe-et-Moselle

La question

Mme Silvana Silvani attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les conditions de gestion des campagnes de rappel de véhicules présentant des risques graves pour la sécurité des usagers, notamment en cas de risque d'incendie. Plusieurs campagnes récentes concernant des véhicules largement diffusés des marques Citroën, Peugeot, DS Automobiles, Opel/Vauxhall, Lancia, Alfa Romeo, Jeep et Fiat ont mis en évidence des défauts de conception susceptibles d'entraîner des incidents thermiques et des risques d'incendie, conduisant à des recommandations d'intervention rapide voire d'immobilisation des véhicules. Grande Panda, Citroën C3 Aircross, Opel Frontera, entre autres : plus de 200 000 voitures ont été rappelées en France après 36 incidents dans le monde dont 12 débuts d'incendie. Ces véhicules sont massivement utilisés dans le cadre de flottes professionnelles et comme outils de travail pour des salariés, dont l'activité dépend directement de leur disponibilité. Dans ce contexte, toute défaillance dans la chaîne d'information ou tout délai dans la transmission des consignes de sécurité peut exposer des travailleurs à un risque grave sans qu'ils en aient une connaissance immédiate. Cette situation soulève une question essentielle de sécurité au travail et de protection des usagers : la vie et l'intégrité physique des travailleurs ne peuvent dépendre de délais administratifs ou de circuits d'information différés entre constructeurs, entreprises et utilisateurs finaux. Elle souligne que, dans le cas de risques graves identifiés par les constructeurs eux-mêmes, les mesures de retrait, de remplacement ou d'immobilisation des véhicules devraient être immédiates et systématiquement accompagnées d'une information directe, rapide et effective auprès des utilisateurs concernés, y compris dans les flottes professionnelles. Il apparaît également nécessaire de renforcer les obligations pesant sur les constructeurs et les gestionnaires de flottes afin de garantir la transmission sans délai des alertes de sécurité graves aux utilisateurs effectifs des véhicules ; la mise à disposition immédiate de solutions de remplacement afin de ne pas pénaliser l'activité professionnelle des salariés concernés ; et l'effectivité des mesures d'immobilisation lorsqu'un risque grave est identifié. Enfin, elle interroge le Gouvernement sur les mesures envisagées pour renforcer les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de réactivité des campagnes de rappel, afin de garantir qu'aucun salarié ne puisse être exposé à un risque grave du fait de l'utilisation d'un produit industriel défectueux dans le cadre de son activité professionnelle.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 09/07/2026

Dès lors qu'un constructeur lance un rappel, il adresse un courrier à chaque propriétaire et à chaque locataire de véhicule indiqué dans le système de véhicules (SIV). Dès lors, les gestionnaires de flottes professionnelles sont informés des rappels et ont l'obligation de faire le nécessaire dans les meilleurs délais. En complément, le ministère des Transports a engagé une nouvelle étape depuis le 1er janvier 2026 : la vérification systématique dans les bases de données, lors du contrôle technique, des véhicules rappelés pour rappel grave. Au moment où le véhicule se présente, les bases de données fournies par les constructeurs sont automatiquement interrogées : si les bases de données indiquent qu'il y a un rappel grave sur ce véhicule sans que le véhicule ait été réparé par le constructeur, un commentaire est imprimé sur le procès-verbal de contrôle technique invitant l'usager à se rendre chez le garagiste / concessionnaire agréé pour faire réparer son véhicule. Cette évolution du contrôle technique constitue un filet de sécurité : une mesure de protection supplémentaire pour les usagers de la route. Le contrôle technique est en effet un rendez-vous bien connu des usagers, avec 22 millions de contrôles techniques de véhicules légers chaque année (ce chiffre n'intègre pas les 4,3 millions de contrevisites de véhicules légers chaque année). Cette mesure ne se substitue en aucun cas aux obligations faites aux constructeurs qui demeurent, sont contrôlées et sanctionnées en cas de manquements.

Source : senat.fr ↗

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