Question au Gouvernement ✓ Répondue le 28/05/2026 #19#23#

Ebola et risque épidémique pour Mayotte

Posée le 28/05/2026 • Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Micheline Jacques

Micheline Jacques Les Républicains

Sénatrice — Saint-Barthélemy

La question

M. le président. La parole est à Mme Micheline Jacques, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.) Mme Micheline Jacques. Madame la ministre, lors des grandes épidémies du virus Ebola qui ont touché l'Afrique de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo entre 2018 et 2020, aucun cas n'avait été recensé à Mayotte. À l'heure où l'épidémie repart en République démocratique du Congo, faisant l'objet d'une alerte de l'Organisation mondiale de la santé, tout doit être mis en oeuvre pour que le territoire mahorais soit de nouveau préservé. Le contexte est cette année différent, dès lors qu'une large part de l'immigration clandestine et des demandeurs d'asile arrive désormais d'Afrique de l'Est et de la République démocratique du Congo. Par ailleurs, la reconstruction peine à se déployer après le passage du cyclone Chido. Vous le savez, les mesures de prévention face au virus Ebola reposent sur les gestes sanitaires du quotidien généralement prescrits contre les virus, au premier rang desquels le lavage des mains. Or, dans un territoire mahorais qui connaît encore des difficultés de distribution d'eau, ces mesures se trouvent de fait contraintes. Je ne cherche en aucun cas à dresser la liste des défis mahorais, mais la proximité de ce territoire avec le continent africain et sa vulnérabilité le placent en première ligne sanitaire, accentuant l'appréhension des populations. Il me semble donc que notre responsabilité est de rester attentifs, tandis que le Gouvernement doit nous tenir informés de l'évolution des dispositifs qu'il déploie en prévention de l'arrivée du virus et en réponse à d'éventuels cas. L'hôpital de Mayotte est-il préparé ? Qu'en est-il de celui de La Réunion ? Il n'existe pas de vaccin contre le variant Bundibugyo et seules des mesures préventives permettront de lutter contre sa diffusion. Madame la ministre, pourriez-vous nous informer des mesures d'ores et déjà prises à Mayotte, outre, bien évidemment, le renforcement de la vigilance ? (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 28/05/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées. En effet, madame la sénatrice Micheline Jacques, dès l'alerte lancée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant l'épidémie du virus Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda, mon collègue ministre des affaires étrangères et moi-même nous sommes immédiatement mis en ordre de marche avec les agences sanitaires, les experts et les centres de crise.

Sur place, la situation est préoccupante. Le niveau de risque est considéré comme très élevé en République démocratique du Congo, dans un contexte de conflit armé et de difficultés d'accès aux soins. Selon l'OMS et Santé publique France, le risque d'introduction dans l'Hexagone et dans les territoires de l'océan Indien reste à ce jour très faible, mais nous maintenons tout de même une vigilance particulière à l'égard de Mayotte, en raison des spécificités et de la fragilité de ce territoire.

L'agence régionale de santé, que nous avons contactée, et le centre hospitalier de Mayotte ont engagé sans délai, dès le lendemain de l'alerte, des mesures concrètes d'anticipation : organisation des circuits de prise en charge, préparation de chambres d'isolement spécifiques, renforcement des capacités de prise en charge du centre hospitalier, préparation des transports sanitaires et des analyses biologiques, mobilisation des équipements de protection pour les soignants, renforcement de la sensibilisation et de la formation des équipes et de la surveillance sanitaire.

En outre, dès demain, une mission interministérielle d'appui en situation de crise sera déployée à Mayotte, afin de renforcer ces capacités d'anticipation et d'organisation opérationnelle du territoire.

M. le président. La parole est à Mme Micheline Jacques, pour la réplique.

Mme Micheline Jacques. Je vous remercie de ces informations, madame la ministre. Je plaide pour que la communication soit aussi large que possible, afin d'éviter tout mouvement de panique de la population et de limiter l'inquiétude justifiée de la population mahoraise. (Applaudissements sur des travées du groupe Les Républicains.)

Source : senat.fr ↗

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