Question au Gouvernement ✓ Répondue le 28/05/2026 #19#

Pour une économie bleue durable dans nos outre-mer

Posée le 28/05/2026 • Ministère interrogé : Outre-mer

Teva Rohfritsch

Teva Rohfritsch RDPI

Sénateur — Polynésie française

La question

M. le président. La parole est à M. Teva Rohfritsch, pour le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.) M. Teva Rohfritsch. Ma question s'adresse à Mme la ministre des outre-mer. Madame la ministre, c'est une évidence, la France est une puissance océanique mondiale grâce à ses outre-mer, en particulier à la Polynésie française. Dans nos territoires, l'océan est bien plus qu'un espace maritime : il est un lien culturel fort, une mémoire vivante et, j'ose le dire, une autre manière d'habiter le monde. Les outre-mer sont pour la France un levier stratégique, notamment face aux défis climatiques, alimentaires et énergétiques. Pourtant, sur le terrain, nos populations constatent une autre réalité : procédures trop longues, dispositifs cloisonnés, financements difficiles d'accès. Trop souvent, les initiatives locales se heurtent à des obstacles administratifs qui découragent les porteurs de projets. Nous ne pouvons nous contenter de célébrer ici l'étendue maritime de la France. Nous devons transformer cet atout en développement concret pour nos archipels, investir dans l'exploitation durable de nos ressources, soutenir les filières touristiques, numériques, agroalimentaires, adapter nos territoires aux conséquences du changement climatique et renforcer les infrastructures nécessaires au développement économique. Telle est précisément l'ambition du comité spécialisé sur le développement de l'économie bleue durable en outre-mer, le CSOM, que j'ai l'honneur de présider : faire émerger des projets viables, mobiliser les acteurs publics et privés et accompagner les initiatives locales. Madame la ministre, nos populations n'attendent plus seulement des discours sur l'océan. Elles attendent des résultats visibles dans leur quotidien, des avancées concrètes pour l'activité et l'emploi dans nos îles. Le Gouvernement est-il prêt à investir réellement dans l'économie bleue en outre-mer, à mobiliser les moyens budgétaires à la hauteur de l'ambition maritime de la France et à simplifier enfin l'accès au financement pour soutenir les initiatives locales ? Il nous faut de la lisibilité, de la visibilité et des résultats dans nos fenua, dans nos territoires d'outre-mer.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 28/05/2026

M. le président. La parole est à Mme la ministre des outre-mer.

Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer. Monsieur le sénateur Rohfritsch, permettez-moi tout d'abord de saluer la constance de votre engagement sur le sujet de l'économie bleue et de la puissance maritime de la France. Votre nomination récente à la tête du comité spécialisé sur le développement de l'économie bleue durable en outre-mer au sein du Conseil national de la mer et des littoraux n'est pas un hasard. C'est la reconnaissance de votre expertise des sujets relatifs à la mer, en particulier dans le Pacifique.

Le 30 avril dernier, Mme la ministre Catherine Chabaud et moi-même avons installé ce comité autour d'une idée simple : les outre-mer sont au coeur de la puissance maritime de la France. La Polynésie française en fournit une illustration presque parfaite.

À vos côtés et grâce à l'engagement des élus locaux, nous avons démontré que l'on pouvait concilier le développement économique, la création d'emplois locaux et la préservation de l'environnement marin, notamment en Polynésie. Il faut poursuivre, amplifier et soutenir de telles démarches. Tel est bien l'objet de notre travail autour de l'économie bleue.

La feuille de route de ce comité comprend des enjeux multiples : d'abord, accélérer le déploiement des énergies marines renouvelables ; ensuite, renforcer nos infrastructures portuaires, ce qui est fondamental ; préserver les écosystèmes marins, bien sûr ; soutenir l'emploi local au travers du développement des filières de la pêche, du nautisme, des activités portuaires ou du tourisme.

Ces politiques passent bien évidemment par des financements. Les programmes France 2030 en matière de décarbonation et d'exploration des grands fonds marins en sont un exemple concret. Le travail se poursuit, par exemple pour préserver le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture dans le futur cadre financier pluriannuel de l'Union européenne.

En complément de ces financements, nous devons absolument veiller à l'adéquation des réglementations européennes et nationales avec nos objectifs. C'est aussi la raison pour laquelle nous nous sommes battus pour le renouvellement des flottes de pêche en outre-mer.

M. le président. Il faut conclure !

Mme Naïma Moutchou, ministre. Monsieur le sénateur, le comité que vous présidez sera force de proposition. Vous pouvez bien évidemment compter sur la présence du Gouvernement à vos côtés. (M. François Patriat applaudit.)

Source : senat.fr ↗

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