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Question écrite ✓ Répondue le 10/09/2026 #26#23#

Situation préoccupante des Français vieillissants et en situation de handicap accueillis à l'étranger

Posée le 07/05/2026 · Ministère interrogé : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées

Ronan Le Gleut Ronan Le GleutLes Républicains Sénateur — Français établis hors de France (Série 1)

La question

M. Ronan Le Gleut attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation préoccupante des personnes françaises en situation de handicap vieillissantes accueillies à l'étranger, et plus particulièrement en Belgique. Il souhaite appeler son attention sur le cas d'une personne de nationalité française, accueillie depuis plusieurs décennies au sein d'un foyer de vie en Belgique, où elle a construit l'ensemble de ses repères personnels, sociaux et médicaux. En raison de l'évolution de son état de santé et de son vieillissement, cette personne relève désormais d'un accompagnement renforcé correspondant à une prise en charge en foyer d'accueil médicalisé (FAM). Toutefois, la transformation de sa place actuelle en place de FAM se heurte au moratoire encadrant le financement de la part soins par l'assurance maladie. En effet, cette dernière, relevant de la sécurité sociale, ne permet pas, dans le cadre actuel, la conversion d'une place existante de foyer de vie en place de FAM, y compris lorsque l'établissement dispose des compétences et des moyens nécessaires pour assurer cette prise en charge médicalisée. En conséquence, la seule alternative proposée consisterait à transférer cette personne vers un autre établissement disposant d'une place de FAM. Une telle solution apparaît particulièrement inadaptée au regard de la situation individuelle de cette personne, dont l'équilibre repose sur un environnement stable, construit de longue date. Un changement d'établissement serait susceptible d'entraîner des troubles graves du comportement, avec des conséquences humaines et médicales importantes. Dans ce contexte, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin de permettre, à titre dérogatoire ou dans le cadre d'une évolution réglementaire, la transformation de places existantes lorsque l'état de santé des personnes le justifie, en particulier pour les ressortissants français accueillis à l'étranger depuis de nombreuses années. Il l'interroge également sur les solutions envisagées pour garantir la continuité des parcours de vie et de soins des personnes handicapées vieillissantes, en évitant des ruptures préjudiciables à leur santé et à leur bien-être.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 10/09/2026
Le Gouvernement est pleinement mobilisé pour garantir aux personnes en situation de handicap un accompagnement adapté à leurs besoins et respectueux de leur parcours de vie. Cette ambition s'inscrit dans une politique volontariste d'inclusion, d'évolution et d'amplification de l'offre médico-sociale, fondée sur le renforcement des droits des personnes et mise en oeuvre à travers plusieurs stratégies nationales. À cet égard, l'accompagnement des ressortissants français accueillis en Belgique constitue une priorité forte. En effet, la coopération entre la France et la Wallonie s'inscrit dans le cadre de l'accord franco-wallon du 21 décembre 2011 relatif à l'accueil des personnes en situation de handicap. Celui-ci prévoit notamment des instances de pilotage mixtes réunies régulièrement afin de dresser le bilan de l'offre existante et de définir les orientations pour la poursuite de ce partenariat. De plus, l'instauration d'un moratoire qui limite l'accueil des adultes en Wallonie aux places effectivement occupées le 28 février 2021 a été précédée du lancement du plan de prévention des départs non souhaités en Belgique. Doté de 90 millions d'euros, ce plan visait la création de 1 000 nouvelles places en France pour prévenir les départs non souhaités et accorder une attention particulière au droit au retour des personnes françaises accueillies en Belgique qui souhaitaient rejoindre le territoire national. Cette dynamique a été amplifiée par le plan de création de 50 000 nouvelles solutions et de transformation de l'offre médico-sociale à destination des personnes en situation de handicap, annoncé lors de la Conférence nationale du handicap d'avril 2023. Doté d'un montant de 1,5 milliard d'euros programmé sur la période 2024-2030, il a vocation à proposer à chaque personne en situation de handicap une réponse adaptée à sa situation. Ce plan vise ainsi à renforcer l'offre d'accompagnement, à réduire les disparités territoriales et à accompagner la transformation de l'offre dans une logique de transition inclusive. Conformément à la circulaire du 7 décembre 2023 relative à sa mise en oeuvre pour la période 2024-2030, les Agences régionales de santé (ARS) ont élaboré des programmations pluriannuelles fondées sur des diagnostics territoriaux et concertées avec l'ensemble des parties prenantes, notamment les départements et les associations représentatives des personnes concernées. La prévention des départs vers la Belgique figure parmi les priorités de ces programmations. À ce jour, les programmations consolidées au niveau national permettent d'atteindre l'objectif fixé de 50 000 nouvelles solutions à l'horizon 2030. Leur mise en oeuvre fait l'objet d'un suivi régulier par les services de l'État et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie afin de garantir une réponse adaptée aux besoins des personnes et de favoriser la fluidité des parcours. S'agissant plus particulièrement du traitement des situations individuelles, le Gouvernement est attentif à ce que les réponses apportées tiennent compte à la fois des attentes des personnes en situation de handicap mais aussi de leurs besoins et de leur évolution. Leur évaluation et la détermination des orientations adaptées relèvent de la compétence de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Ainsi, lorsque l'évolution de la situation le justifie, celle-ci doit être portée à la connaissance de la MDPH du domicile de secours afin qu'un réexamen puisse être engagé. En fonction de la complexité de la situation, dans le cadre de la démarche « Réponse accompagnée pour tous », la MDPH peut solliciter le concours du Conseil départemental et de l'ARS afin d'apprécier les solutions les plus adaptées à proposer à la personne ou à son représentant.

Source : senat.fr ↗

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