Élections et intelligence artificielle générative
Alexandre BasquinCRCE-K
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Le recours à l'intelligence artificielle (IA) dans le cadre des campagnes électorales est encadré à l'échelon européen et son usage publicitaire à visée politique est strictement prohibé par le droit français en période électorale.
D'une part, le droit de l'Union européenne intervient dans le champ de la réglementation de l'IA en matière électorale. Le règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l'intelligence artificielle classe à haut risque les systèmes d'IA utilisés pour influer sur le résultat d'élections et le comportement des électeurs. Le règlement établit des obligations de transparence, avec l'obligation de signaler et permettre la détection aisée des contenus générés artificiellement, avec des obligations d'étiquetage des deepfakes ou autre publication d'intérêt public. Par nature, ce règlement européen est directement applicable dans l'ordre juridique des Etats membres et s'impose à tous les sujets de droit, sans nécessiter une transposition.
Le ministère de l'intérieur suit également les travaux autour du « bouclier européen de la démocratie », initiative de la Commission européenne visant à renforcer les capacités de l'Union européenne pour lutter contre la désinformation et les manipulations en ligne orchestrées par des puissances étrangères en Europe. Cette initiative vise à combiner les mesures existantes dans le Digital Services Act avec de nouvelles dispositions liées à l'intelligence artificielle pour protéger les démocraties européennes des menaces et des effets néfastes de la désinformation, de la manipulation de l'information et des ingérences, en particulier de la part d'acteurs étrangers.
D'autre part, l'intelligence artificielle susceptible d'être utilisée dans le cadre de la publicité politique est strictement encadrée par des obligations de transparence prévues par le règlement (UE) 2024/900 du Parlement européen et du Conseil du 13 mars 2024 relatif à la transparence et au ciblage de la publicité à caractère politique. En tout état de cause, le droit national français prohibe le recours à la publicité politique en période électorale comme le prévoit l'article L. 52-1 du code électoral qui dispose que : « Pendant les six mois précédant le premier jour du mois d'une élection et jusqu'à la date du tour de scrutin où celle-ci est acquise, l'utilisation à des fins de propagande électorale de tout procédé de publicité commerciale par la voie de la presse ou par tout moyen de communication audiovisuelle est interdite ».
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Alexandre Basquin
Attention au danger de « ChatGPT for teens »
Développement du data poisoning : des mesures rapides sont nécessaires
Absurdité du décret du 28 juillet 2026 relatif à la protection de la communauté éducative
Personnes électro-hypersensibles