Conséquences de la baisse des subventions au dispositif Français langue maternelle pour les associations oeuvrant à la transmission de la langue française à l'étranger
Sophie Briante GuillemontRDSE
Sénatrice — Français établis hors de France (Série 2)
La question
Mme Sophie Briante Guillemont attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la baisse substantielle des crédits alloués au dispositif Français langue maternelle (FLAM) et sur ses conséquences pour les associations et fédérations qui oeuvrent à la transmission de la langue française auprès des enfants français établis hors de France.
Depuis 2022, le budget du dispositif FLAM est porté à 1 million d'euros, permettant la structuration du réseau autour de la fédération FLAM Monde et l'organisation, en octobre 2024, de la première rencontre mondiale des associations FLAM à Paris. Cette dynamique répondait à une demande croissante du terrain et à l'engagement très fort de la société civile dans une mission essentielle de rayonnement linguistique et culturel de la France à l'étranger.
Or, pour la campagne 2025-2026, le budget global du dispositif a été ramené à environ 594 000 euros, ressources pédagogiques comprises, après une rallonge de 74 000 euros intervenue postérieurement à la commission délibérative, alors que les demandes exprimées par les associations et fédérations titulaires de la marque FLAM s'élevaient à 780 000 euros. Des arbitrages ont ainsi conduit à des réductions affectant particulièrement les fédérations. La fédération FLAM Monde a vu sa subvention passer de 99 000 euros en 2024-2025 à environ 54 500 euros en 2025-2026, fragilisant une structure qui a pourtant démontré, en trois années d'activité, son rôle clé pour l'accompagnement et la mise en réseau d'associations reposant très majoritairement sur le bénévolat.
Lors du conseil d'administration de l'AEFE du 17 juillet 2025 et dans les échanges ultérieurs avec le ministère et l'Agence, les fédérations n'ont cessé de rappeler que le dispositif FLAM permet à des milliers d'enfants français, souvent nés à l'étranger et non scolarisés dans le réseau de l'enseignement français à l'étranger, d'accéder à un enseignement structuré de la langue française. Leur mission est donc fondamentale. Les fédérations ont également souligné le contraste entre l'affichage politique de l'engagement de la France en faveur de ses compatriotes à l'étranger et la réalité d'une coupe budgétaire brutale.
Dans ce contexte, elle souhaite savoir si le Gouvernement entend rétablir le budget du dispositif FLAM à un niveau au moins équivalent aux besoins réellement exprimés par les associations et fédérations, soit environ 800 000 euros, s'il envisage d'accorder à la fédération FLAM Monde un soutien pérenne sur le modèle des subventions accordées aux fédérations de parents d'élèves de l'enseignement français à l'étranger, et plus largement s'il compte inscrire le dispositif FLAM dans un cadre plus stable afin de sécuriser dans la durée cette politique de transmission linguistique et culturelle.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 10/09/2026Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères et son opérateur l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) sont très attachés aux associations du réseau Français langue maternelle (FLAM), vecteur d'une grande énergie associative au service de nos concitoyens à l'étranger et du rayonnement de la langue française. A ce titre, le MEAE et l'AEFE s'efforcent, dans la mesure des moyens disponibles, de leur apporter leur soutien constant. Ce soutien a vocation à demeurer à travers les subventions versées par l'AEFE et des ressources mises à disposition gratuitement aux associations FLAM détentrices de la marque. Il doit toutefois nécessairement intégrer les efforts de redressement des comptes budgétaires de la nation auquel le MEAE et l'AEFE contribuent. A ce titre, le budget dédié aux FLAM, dont le pilotage est confié à l'AEFE, a été ramené de 767 000 euros en 2024 à 594 000 euros en 2025, dont 523 000 pour la campagne de subventions directes aux associations. Ce montant permettait de couvrir à 78 % les demandes de subventions conformes aux règles d'éligibilité du dispositif FLAM (666 567 euros, sur un montant initial de 780 017 euros). En dialogue avec les trois fédérations représentatives d'associations FLAM, les cinq principes suivants avaient été suivis : sanctuariser les aides au démarrage, sur la base des propositions de l'AEFE ; faire supporter l'effort collectif davantage par les fédérations ; appliquer une réduction de 10 % aux demandes de subvention de projet, sur la base des propositions de l'AEFE ; appliquer une réduction de 25 % sur les subventions accordées aux les associations organisatrices de rencontres régionales ; écarter les demandes de rencontres régionales multiples concernant un même pays. Cette méthode a permis de répondre à toutes les demandes de subventions éligibles au dispositif. En 2026, le budget des subventions FLAM s'est établi à de 460 627 euros. Comme l'an passé, ce budget, tout en prenant en compte le contexte budgétaire particulièrement contraint de l'Etat français, permet de donner une réponse positive à toutes les associations ayant déposé une demande de subvention conforme aux règles du dispositif. En volume financier, c'est plus de 71 % des besoins exprimés par ces associations qui sont couverts. Par ailleurs, outre ce soutien budgétaire direct, l'AEFE maintient son soutien au dispositif FLAM, et poursuit l'accompagnement des trois fédérations représentatives, dans le respect des règles communes d'éligibilité et d'un principe d'égalité de traitement entre les structures. En parallèle, les postes diplomatiques, services de coopération et d'action culturelle (SCAC) et services consulaires, font l'objet d'une sensibilisation accrue à l'importance de soutenir les FLAM et de les appuyer dans tous les aspects de leurs activités. Enfin, le MEAE accompagne les fédérations FLAM pour qu'elles se positionnent sur les financements européens d'Erasmus+, en particulier pour les appels à projet de pour les animateurs socio-éducatifs, pour les mobilités à destination des jeunes et pour le renforcement des capacités dans le domaine de la jeunesse centrés sur le renforcement des capacités des associations.
Source : senat.fr ↗
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