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Question écrite ✓ Répondue le 10/09/2026 #23#21#

Dangers liés à l'usage détourné du protoxyde d'azote et ses impacts sur la sécurité et la santé publiques

Posée le 13/02/2025 · Ministère interrogé : Intérieur

Alexandra Borchio Fontimp Alexandra Borchio FontimpLes Républicains Sénatrice — Alpes-Maritimes

La question

Mme Alexandra Borchio Fontimp interpelle M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur sur les dangers liés à l'usage détourné du protoxyde d'azote et ses impacts sur la sécurité et la santé publiques. La consommation détournée de protoxyde d'azote ne cesse de s'imposer dans les débats médiatique et politique. Désormais, ce phénomène prend toute sa place au Parlement où les interventions et textes se pressent pour appeler à un meilleur encadrement juridique quant à ses modalités d'accès, de vente et d'utilisation. Investie depuis le début de son mandat sur cet enjeu, elle a proposé plusieurs mesures visant à mieux sanctionner son usage notamment lorsque cela entraîne des conséquences dramatiques et parfois irréversibles en matière de sécurité routière. Face à l'envolée exponentielle des accidents mettant en cause des conducteurs sous l'emprise de ce produit, il lui est apparu nécessaire de faire évoluer la législation et ce afin de tendre vers une meilleure prise en compte de ce fléau. A cet effet, elle est notamment l'auteure d'une proposition de loi et d'un amendement visant à sanctionner la conduite sous l'emprise de protoxyde d'azote et ce même en l'absence d'accident. Ces mesures lui apparaissent comme étant indispensables et elle restera pleinement mobilisée pour continuer à les porter. Mais les conséquences ne se limitent pas à la sécurité routière et relèvent aussi de la santé et de la sécurité publiques. D'un point de vue de la santé, la consommation régulière ou excessive mène à des troubles neurologiques qui peuvent s'avérer d'une particulière gravité, allant de la paralysie à des lésions irréversibles voire au décès du consommateur. Cela est très alarmant et nous oblige à agir particulièrement pour préserver les mineurs de ce fléau. D'un point de vue de la sécurité, les personnes qui détournent l'usage du protoxyde d'azote abandonnent souvent leurs cartouches vides dans l'espace public ce qui, outre les problèmes environnementaux, a pour conséquence de donner lieu à des explosions. Par conséquent, la présence même de ces cartouches représente un danger pour les infrastructures qui s'y trouvent à proximité mais également et surtout pour les salariés employés dans lesdites installations. Bien que le Gouvernement ait toujours accueilli favorablement en théorie les propositions précitées, il n'y a jamais donné suite en pratique. En effet, si les contraintes liées à la mise en oeuvre de cette mesure notamment sa faisabilité demeurent, il est impératif de prévoir des mesures d'encadrement de ces comportements. Elle souhaite dès lors que des restrictions accrues de la vente de ce produit soient prises pour protéger nos concitoyens et encore plus nos mineurs. La banalisation de l'usage détourné du protoxyde d'azote ne doit pas s'inscrire comme un phénomène courant et donc commun. Il ne s'agit pas de simples faits divers mais d'un enjeu de société qu'il est temps d'endiguer dès à présent. Aussi, elle demande au Gouvernement de prendre les mesures nécessaires afin d'assurer efficacement la santé et la sécurité publiques.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 10/09/2026
La prévention des usages détournés du protoxyde d'azote constitue une priorité des pouvoirs publics au regard des risques sanitaires graves associés à sa consommation et de son impact sur la sécurité publique. Le cadre juridique applicable a été renforcé par la loi n° 2021-695 du 1er juin 2021 tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d'azote, qui a instauré un ensemble de mesures destinées à limiter son accès et son mésusage, notamment l'interdiction de vente aux mineurs, l'interdiction de vente dans les débits de boissons et de tabac, ainsi que l'interdiction de la vente ou de la distribution de produits spécifiquement destinés à faciliter l'extraction du protoxyde d'azote afin d'en obtenir des effets psychoactifs. Cette loi a été complétée par l'arrêté du 19 juillet 2023, qui fixe la quantité maximale autorisée pour la vente aux particuliers à un maximum de dix cartouches de 8,6 grammes par acte de vente, excluant ainsi la commercialisation de conditionnements de grande capacité, et par le décret n° 2023-1224 du 20 décembre 2023, qui rend obligatoire l'apposition d'un avertissement sanitaire sur l'emballage ou le conditionnement du produit et en précise les caractéristiques. Le Gouvernement poursuit le renforcement du cadre législatif et des moyens de lutte contre les usages détournés du protoxyde d'azote afin de protéger la santé publique et de garantir la sécurité de tous. La loi visant à offrir des Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST), définitivement adoptée par le Parlement le 21 juillet 2026 et actuellement soumise au contrôle du Conseil constitutionnel, prévoit l'interdiction, pour les particuliers, de détenir et de transporter de grandes quantités de protoxyde d'azote. À compter du 1er février 2027, le dispositif sera renforcé par l'instauration d'une interdiction générale de détenir, de transporter, de céder ou d'offrir du protoxyde d'azote, quel qu'en soit le conditionnement, ainsi que tout produit destiné à en faciliter l'extraction afin d'en obtenir des effets psychoactifs. Une dérogation est prévue pour certaines catégories de professionnels énumérées par décret. Le texte généralise également le délit de provocation à l'usage détourné du protoxyde d'azote, crée un délit d'inhalation du protoxyde d'azote hors cadre médical et instaure un régime de fermeture administrative des établissements le commercialisant. Il comporte, enfin, un volet préventif, prévoyant le renforcement de l'information sur les usages détournés du protoxyde d'azote assuré par les centres d'évaluation et d'information sur la pharmacodépendance-addictovigilance, ainsi que l'intégration d'actions de sensibilisation aux mésusages du protoxyde d'azote dans l'enseignement du code de la route et dans les classes du dernier cycle des écoles élémentaires. S'agissant de la sécurité routière, le Gouvernement est pleinement mobilisé pour prévenir et sanctionner les comportements de conduite dangereux liés à la consommation détournée de substances psychoactives, dont le protoxyde d'azote. Si cette substance ne relève pas à ce jour du régime applicable aux stupéfiants, notamment en raison des difficultés liées à sa détection, la loi du 9 juillet 2025 créant l'homicide routier et visant à lutter contre la violence routière a renforcé la prise en compte de la consommation volontaire, de façon détournée ou manifestement excessive de substances psychoactives dans la répression des comportements routiers les plus graves. S'agissant plus particulièrement du protoxyde d'azote, l'absence de dispositif de dépistage fiable et opérationnel ne permet pas, à ce stade, de mettre en oeuvre un contrôle routier comparable à celui existant pour l'alcool. La délégation à la sécurité routière collabore avec des laboratoires spécialisés afin de favoriser le développement d'outils de détection adaptés. Par ailleurs, le décret fixant la liste des substances psychoactives concernées est en cours d'élaboration, sous le pilotage du ministère de la justice, en lien avec le ministère chargé de la santé. La loi dite « RIPOST » complète cette dynamique en prévoyant notamment la possibilité d'immobiliser le véhicule et de suspendre le permis de conduire pour une durée maximale de trois ans, en cas de conduite, malgré la consommation manifeste et volontaire, de façon détournée ou excessive, d'une substance psychoactive figurant sur une liste établie dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'État. Ces dispositions ne visent pas spécifiquement le protoxyde d'azote à ce stade mais pourraient, le cas échéant, contribuer à une meilleure prise en compte des risques routiers liés à sa consommation. S'agissant de la sensibilisation du public aux risques sanitaires liés au mésusage du protoxyde d'azote, des campagnes d'information et de prévention sur les risques sont régulièrement diffusées depuis 2019. La plus récente est la campagne menée par Santé publique France qui a développé un contenu spécifique ciblant les jeunes sur le protoxyde, dans le cadre de la rediffusion de la campagne « C'est la base » en mars 2026. Au-delà, l'information et la prévention reposent principalement sur les acteurs en proximité des jeunes. Depuis juillet 2019, les collèges et lycées développent progressivement des partenariats avec les Consultations jeunes consommateurs, qui proposent aux jeunes et à leur entourage un service gratuit et confidentiel d'accueil, d'écoute, de conseil et d'orientation, assuré par des professionnels des addictions. Le dispositif Drogues Info Service est également à disposition du public, en cas de questions ou de difficultés liées à la consommation de produits ou de drogues.

Source : senat.fr ↗

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