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Question orale sans débat ✓ Répondue le 01/07/2026 transports ferroviaires

Avenir de la ligne ferroviaire Bourges-Montluçon

Posée le 23/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère des transports

Nicolas Sansu Nicolas SansuGDR Député — Cher (2)

La question

M. Nicolas Sansu interroge M. le ministre des transports sur l'avenir de la ligne ferroviaire Bourges-Montluçon permettant de désenclaver le grand Centre de la France, alors que les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont connaissent des investissements de modernisation et de capacité. Saisi par des associations d'usagers, telles que Codérail, il lui demande les intentions du Gouvernement quant à l'électrification de cette ligne, si utile dans la réussite de l'ambition ferroviaire annoncée par le précédent PDG de la SNCF.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 01/07/2026

LIGNE FERROVIAIRE BOURGES-MONTLUÇON


Mme la présidente. La parole est à M. Nicolas Sansu, pour exposer sa question, no 807, relative à la ligne ferroviaire Bourges-Montluçon.

M. Nicolas Sansu. Ma question s'adresse à M. le ministre des transports, dont je regrette l'absence, mais, monsieur Panifous, je sais votre capacité à embrasser toutes les politiques publiques du gouvernement.

L'ambition ferroviaire est une des conditions de la lutte contre le réchauffement climatique, tout comme elle est une des conditions de l'égalité territoriale. Habitant le département du Cher dans une ville cheminote par excellence, Vierzon, je veux vous alerter sur l'urgence de mailler tout notre territoire, de relier ce que l'on nomme improprement les petites lignes aux lignes d'intérêt national et aux lignes à grande vitesse, à l'image du corps humain irrigué par ses veines et ses artères. Or, depuis des décennies, le réseau ferroviaire a été amputé, dépecé, avec pour résultat une perte globale de substance et l'abandon des pans entiers de notre pays et de ceux qui y vivent.

Faut-il rappeler que notre pays devrait consacrer au moins le double de ce qu’il investit sur les lignes classiques, soit 6 à 7 milliards d'euros, pour réussir à doubler le trafic voyageurs et reconquérir du fret sur le rail, comme cela a été promis dans le plan Ambition 2030 ? Après de longs combats, des lignes comme Paris-Orléans-Limoges-Toulouse ou Nantes-Lyon sont en passe d'être modernisées et régénérées dans leur entièreté, ce qui ouvre de nouvelles perspectives de développement, tant pour le transport de voyageurs que pour celui des marchandises.

Il reste cependant beaucoup à faire. Dans mon département du Cher, la ligne Montluçon-Bourges, qui relie deux bassins de vie de respectivement 100 000 et 130 000 habitants et qui dessert Saint-Amand-Montrond et Saint-Florent-sur-Cher, est une de ces lignes qu'il est impératif d'électrifier pour la relier directement à Paris et à Nantes via Vierzon.

Les travaux en cours ne prévoient pas cette nécessaire modernisation et modification par l'électrification, ce qui est en totale contradiction avec l'exigence de décarbonation des transports et ouvre peu de perspectives. Électrifier la ligne Montluçon-Bourges permettrait d’améliorer la régularité et les possibilités de circulation et de passer d’un temps de trajet pour rejoindre Paris de trois heures trente – quand tout va bien – à deux heures quarante-cinq, soit le temps de trajet que nous connaissions il y a quarante ans.

Les habitants du Berry et du Bourbonnais ne sont pas des habitants de second rang. La promesse républicaine d'égalité ne saurait être bafouée par l'incurie des gouvernements. Quand allez-vous lancer l'électrification de la ligne Bourges-Montluçon, maillon essentiel d'un réseau ferroviaire moderne et porteur d'avenir pour le grand centre de la France ?

Mme la présidente. La parole est à M. le ministre délégué chargé des relations avec le Parlement.

M. Laurent Panifous, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement. Soyez assuré de l'attention portée par le gouvernement à la qualité des services ferroviaires, qui constitue un enjeu majeur pour la mobilité quotidienne de nos concitoyens et pour le dynamisme de tous nos territoires. Je trouve que les métaphores que vous avez employées sont justes. La qualité des services ferroviaires est l'un des sous-jacents majeurs du projet de loi-cadre relatif au développement des transports, qui est en ce moment même en débat en commission après son adoption au Sénat.

La ligne Bourges-Montluçon est inscrite au protocole relatif à l'avenir des lignes de desserte fine du territoire, signé entre l'État et la région Centre-Val de Loire en février 2020. Ce protocole prévoit notamment la prise en charge des besoins de régénération de l'intégralité de la ligne par SNCF Réseau dans le cadre de son intégration au réseau structurant à compter de 2024.

En dehors de ce besoin de régénération, une première phase de travaux d'un montant de 85 millions d'euros, cofinancée par l'État, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire ainsi que SNCF Réseau, a été menée entre juin 2023 et septembre 2024. Elle a permis de supprimer les principales zones de ralentissement et d'améliorer significativement les conditions d'exploitation de la ligne.

Des travaux complémentaires de régénération entièrement financés par SNCF Réseau sont également programmés à l'horizon 2030. Les études nécessaires doivent démarrer cette année. Ces travaux permettront de remplacer dans certaines zones le ballast, les traverses, les rails, afin de lever les dernières limitations de vitesse.

Quant à une éventuelle électrification de la ligne, la priorité est donnée à la pérennisation de l'infrastructure et au rétablissement de sa vitesse nominale sur l'ensemble des sections, afin d'améliorer la qualité du service offerte à ses voyageurs.

Mme la présidente. La parole est à M. Nicolas Sansu.

M. Nicolas Sansu. Nous verrons en 2030, comme vous dites ; mais l'électrification est absolument indispensable pour rejoindre un réseau déjà électrifié. Les voyageurs qui font le trajet Montluçon-Bourges reprennent ensuite une ligne déjà électrifiée permettant de rejoindre Paris, Nantes ou Lyon. Je pense sincèrement que l'électrification du segment Bourges-Montluçon devrait être inscrite parmi les priorités des lignes de desserte fine des territoires.

Je rappelle que la loi-cadre examinée aujourd'hui par la commission ne permet pas de nouveaux financements. Elle ne s'accompagne d'aucune loi de programmation financière qui permettrait de porter les dépenses à 6 ou 7 milliards – comme l'avait demandé M. Farandou lorsqu'il était président de la SNCF – pour moderniser le réseau et revenir à la hauteur des autres pays européens. Nous consacrons 51 euros par habitant à la modernisation de nos infrastructures ferroviaires, là où l'Allemagne en dépense 124. Il faut rattraper le retard.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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