Concurrence des barber shops et contrôles de l'État
Cyril TribuianiRN
Député — Alpes-Maritimes (6)
La question
M. Cyril Tribuiani attire l'attention de M. le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat sur la multiplication rapide d'établissements de type barber shop dans plusieurs communes de sa circonscription et sur les difficultés croissantes rencontrées par les coiffeurs traditionnels. À Cagnes-sur-Mer, un coiffeur s'est ainsi retrouvé littéralement encerclé par deux barber shops, installés de part et d'autre de son commerce. Cette situation illustre un malaise plus large : des artisans formés, soumis à des charges, à des normes et à des obligations professionnelles strictes, se retrouvent confrontés à une concurrence pratiquant parfois des prix très bas, dans des conditions réelles d'exercice qui interrogent. La coiffure est pourtant une activité réglementée, supposant une qualification professionnelle ou le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée. Or cette exigence paraît parfois difficile à vérifier sur le terrain. Au-delà de la concurrence commerciale, ce sujet appelle à une vigilance renforcée de l'État. Le ministère de l'économie a déjà pu signaler, à la suite de contrôles menés notamment par les CODAF, que certains établissements pouvaient être concernés par des pratiques irrégulières : travail dissimulé, fraude sociale, fraude fiscale, voire soupçons de blanchiment. Il ne s'agit pas de stigmatiser une profession, mais de protéger les artisans qui respectent les règles. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour renforcer les contrôles sur ces établissements, vérifier le respect effectif des obligations de qualification, lutter contre les fraudes éventuelles et protéger les coiffeurs traditionnels d'une concurrence déloyale.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/06/2026SALONS DE COIFFURE
Mme la présidente. La parole est à M. Cyril Tribuiani, pour exposer sa question, no 787, relative aux salons de coiffure.
M. Cyril Tribuiani. Je souhaite attirer votre attention sur une situation qui inquiète de nombreux artisans coiffeurs dans les Alpes-Maritimes, et plus particulièrement dans ma circonscription : la multiplication rapide des établissements de type barbershop.
À Cagnes-sur-Mer, un coiffeur traditionnel s’est ainsi retrouvé littéralement encerclé par deux salons de barbier, installés de part et d’autre de son commerce. Ce cas local illustre une difficulté beaucoup plus large. Des professionnels formés, qualifiés, installés parfois depuis de nombreuses années, soumis à des charges importantes, à des normes strictes et à des obligations professionnelles précises, voient apparaître autour d’eux une concurrence pratiquant des tarifs très bas, dans des conditions d’exercice qui amènent à s'interroger.
La coiffure est pourtant une activité réglementée. Elle suppose une qualification professionnelle ou tout du moins le contrôle effectif et permanent d’une personne qualifiée. Cette exigence protège les clients, garantit un niveau minimal de compétence et assure une concurrence loyale entre professionnels. Encore faut-il qu’elle soit réellement vérifiée sur le terrain.
Il ne s'agit pas de stigmatiser une profession, ni de viser indistinctement tous les salons de barbier. Beaucoup travaillent évidemment dans le respect des règles, mais l’État ne peut pas ignorer les alertes qui remontent du terrain. Le ministère de l’économie a déjà indiqué que des contrôles, notamment dans le cadre des comités opérationnels départementaux antifraude, les Codaf, avaient révélé des pratiques irrégulières dans certains établissements : travail dissimulé, fraude sociale, fraude fiscale et parfois même soupçons de blanchiment.
Dans ces conditions, les artisans qui respectent les règles ont le sentiment d’être les grands oubliés. Ils assument leurs charges, leurs diplômes, leurs obligations, leurs contrôles, pendant que d’autres acteurs peuvent, lorsqu’ils ne respectent pas le cadre légal, casser les prix et déstabiliser tout un tissu commercial de proximité.
Ma question est donc simple : quelles mesures le gouvernement entend-il prendre pour renforcer les contrôles sur ces établissements, vérifier concrètement le respect des obligations de qualification, lutter contre les fraudes éventuelles et protéger les coiffeurs traditionnels d'une concurrence déloyale ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.
Mme Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique. En France, l'activité de barbier relève du secteur de la coiffure, comme vous l'avez souligné ; elle est donc soumise aux mêmes exigences de qualification professionnelle. Pour rappel, l'exercice légal de la profession requiert la détention d'un diplôme reconnu et d'un niveau au moins équivalent au CAP coiffure pour les prestations à domicile ou au brevet professionnel coiffure pour l'exercice en salon. Ainsi, la coiffure et la barberie constituent des activités artisanales réglementées qui ne peuvent être exercées que par des personnes qualifiées professionnellement ou placées sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée.
Le respect de ces obligations fait l'objet d'une attention particulière des services de contrôle. Les agents de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes employés au sein des directions départementales de la protection des populations réalisent régulièrement des inspections dans les salons de coiffure et de barbier afin de vérifier notamment l'affichage des prix et la détention des qualifications requises.
De nombreux contrôles ont été menés sur l'ensemble du territoire en 2025 : 1 556 établissements de coiffure et soins de beauté – catégorie intégrant les barbiers – ont été contrôlés, parmi lesquels 906 établissements de barbier et de coiffure pour hommes. Cette vigilance est maintenue en 2026. Le gouvernement reste mobilisé pour faire respecter la réglementation encadrant l'activité du secteur, en garantissant le respect des qualifications professionnelles. C'est un enjeu pour garantir la concurrence loyale entre les acteurs, la qualité des prestations et la protection des consommateurs.
Vous pouvez donc compter sur l'action du gouvernement, qui fera procéder aux contrôles nécessaires avec exigence, afin que les activités des coiffeurs et des barbiers puissent s'exercer en toute sérénité.
Mme la présidente. La parole est à M. Cyril Tribuiani.
M. Cyril Tribuiani. Je vous remercie pour votre réponse. J’entends que les contrôles existent, mais on peut s'interroger sur leur efficacité. Dans ma rue à Cagnes-sur-Mer sont implantés trois barbiers et un coiffeur. C'est vrai, madame la ministre, je vous assure ! Et ce n'est pas la seule artère touchée. Les artisans coiffeurs m'interrogent souvent sur l'efficacité des contrôles. Quand une même rue compte trois barbiers, c'est que quelque chose ne va pas. L'État doit vraiment renforcer les contrôles. Défendre les commerçants qui respectent les règles relève de la responsabilité de votre gouvernement et je compte bien obtenir une réponse concrète sur le renforcement des contrôles ; ils doivent être efficaces.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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