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Question orale sans débat ✓ Répondue le 17/06/2026 établissements de santé

Services d'urgence des territoires littoraux face à la période estivale

Posée le 09/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Stéphane Buchou Stéphane BuchouEPR Député — Vendée (3)

La question

M. Stéphane Buchou appelle l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation de l'offre de soins dans les communes littorales du département de la Vendée à l'approche de la saison estivale. Dans un contexte international incertain et alors que de nombreuses familles françaises privilégient désormais des vacances sur le territoire national, les littoraux français s'apprêtent à connaître une fréquentation particulièrement soutenue cet été. La Vendée, troisième département touristique de France, sera directement concernée par cet afflux de population. Cette hausse saisonnière intervient toutefois dans un territoire où l'accès aux professionnels de santé figure, selon l'INSEE, « parmi les plus limités de France ». Éloignés de leur médecin traitant, les vacanciers se tournent naturellement vers les services d'urgence pour des soins de gravité variable, entraînant chaque été une forte tension sur les structures hospitalières vendéennes, notamment au centre hospitalier Côte de Lumière aux Sables-d'Olonne. Le manque de médecins disponibles pour assurer les gardes conduit par ailleurs à des fermetures ponctuelles en soirée, la nuit et les week-ends. Cette fragilité s'inscrit dans un contexte national de tensions persistantes sur les effectifs médicaux hospitaliers et de difficultés croissantes de recrutement de médecins remplaçants. La Société française de médecine d'urgence rappelle ainsi que près d'un service d'urgences sur deux a connu au moins une fermeture temporaire durant la période estivale ces dernières années et les Sables-d'Olonne figurent régulièrement parmi les établissements concernés. Plus récemment, le centre hospitalier Loire Vendée Océan à Challans a également dû mettre en place, depuis décembre 2025, une régulation d'accès aux urgences 24h/24, autorisée par l'ARS Pays de la Loire en raison de fortes tensions sur les effectifs médicaux. Aussi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend mettre en œuvre pour renforcer, dès l'été 2026, les effectifs médicaux et les capacités d'accueil des établissements hospitaliers vendéens, notamment au centre hospitalier Côte de Lumière aux Sables-d'Olonne, afin de garantir la continuité et la sécurité des soins d'urgence durant la période estivale.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 17/06/2026

SERVICES D'URGENCE DE VENDÉE


Mme la présidente. La parole est à M. Stéphane Buchou, pour exposer sa question, no 770, relative aux services d'urgence de Vendée.

M. Stéphane Buchou. Chaque été, les côtes françaises sont très fréquentées. Elles le seront vraisemblablement cette année encore eu égard au contexte international qui ne devrait malheureusement pas connaître d'améliorations majeures dans les semaines à venir. C'est une bonne nouvelle pour les professionnels du tourisme des territoires concernés, parmi lesquels ceux de ma circonscription du littoral vendéen. Certaines communes, vous le savez, peuvent accueillir dix fois leur population habituelle : dix fois plus de monde, mais pas dix fois plus de médecins, ni dix fois plus de lits ! Quand un touriste se blesse loin de son médecin traitant, il n'a qu'un réflexe : les urgences. Mais les urgences sont déjà à genoux. Et des urgences saturées en hiver deviennent des urgences en péril l'été.

Dans ma circonscription, nous ne disposons que de deux établissements acceptant les urgences. Le premier est l'hôpital de l'île d'Yeu, le plus petit hôpital de France, doté de seulement quatorze lits. Dans une île accessible uniquement par voie maritime, où les urgences vitales nécessitent une évacuation par hélicoptère, cet établissement doit faire face, avec moins de 50 professionnels de santé, à une population qui passe de 5 000 à 30 000 personnes l'été. Moins de 50 soignants pour 30 000 personnes dans un territoire insulaire où la moindre défaillance peut avoir les conséquences qu'on imagine aisément.

Le second est le centre hospitalier Côte de lumière, aux Sables-d'Olonne. Là, la situation est connue, répétée et très préoccupante. Au plus fort de l'été, la population peut atteindre 300 000 habitants, contre 50 000 en temps normal. Depuis plusieurs années, les urgences sont régulièrement fermées la nuit, en raison du manque de personnel médical. Ces suspensions n'interviennent pas seulement la nuit, elles peuvent également survenir durant le week-end et parfois même en journée, faute de médecins remplaçants.

Quant à Noirmoutier, notre deuxième île, certes reliée par un pont au continent, son hôpital, vétuste, n'accepte pas les urgences. Ses habitants doivent rejoindre par la route le centre hospitalier de Challans, dont les urgences, elles-mêmes à bout de souffle, sont dans la situation plus que préoccupante que vous connaissez, madame la ministre.

Face à cette réalité, ma question est simple et, sans faire de mauvais jeu de mots, revêt un caractère urgent : comment appréhendez-vous l'accès aux soins pour les semaines à venir dans les territoires qui connaîtront l'afflux des touristes ? Quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour renforcer les effectifs des services d'urgences dans les territoires littoraux à forte saisonnalité, notamment dans les îles où l'éloignement géographique peut avoir des conséquences dramatiques ?

Mme la présidente. La parole est à Mme la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées.

Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. Vous appelez mon attention sur la situation des urgences dans les territoires littoraux, en particulier en Vendée, à l'approche de la période estivale. Vous avez raison, ce territoire connaît chaque été une augmentation très importante de sa population avec pour conséquence une hausse de la fréquentation des urgences. Cette situation est pleinement anticipée. L'instruction que j'ai adressée le 29 mai dernier aux directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) fixe une méthode claire : anticiper, coordonner et adapter l'offre de soins à la réalité territoriale.

Les établissements mettent en œuvre des mesures concrètes d'adaptation : ajustement des effectifs en période de forte activité, mobilisation de capacités complémentaires, organisation de solutions d'aval pour limiter l'engorgement. L'anticipation et la coordination reposent également sur la bonne orientation des patients. En ce sens, le service d'accès aux soins (SAS) est pleinement mobilisé pour trouver les solutions les plus adaptées en articulant médecine de ville et hôpital. Dans ce cadre, le territoire vendéen a renforcé pour l'été les centres de soins non programmés, notamment à Challans et aux Sables-d'Olonne, afin de permettre une prise en charge importante des soins en dehors de l'hôpital.

Enfin, les professionnels libéraux sont pleinement engagés dans le dispositif, avec une offre de soins non programmés structurée et une participation dynamique à la permanence des soins ambulatoires. Je veux le souligner, cette organisation repose sur une mobilisation collective adaptée aux spécificités de chaque territoire et très attentivement suivie tout au long de l'été. Ma priorité est claire : garantir un accès aux soins pour tous les patients tout en soutenant l'ensemble des professionnels mobilisés sur le terrain.

Mme la présidente. La parole est à M. Stéphane Buchou.

M. Stéphane Buchou. Je vous remercie d'avoir pris les mesures indispensables pour faire face à la forte affluence de vacanciers cet été dans mon département et dans tous les territoires touristiques de notre pays. Une attention permanente sera cependant nécessaire : tous les ans, la situation ne tient qu'à un fil et nous ne sommes jamais loin du point de rupture. En tout état de cause, merci de votre vigilance accrue !

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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