Violences urbaines à Montpellier en marge de la finale de la Ligue des champions
Charles AlloncleUDDPLR
Député — Hérault (9)
La question
M. Charles Alloncle interroge M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les violences et les multiples actes de vandalisme survenus à Montpellier en marge de la finale de la Ligue des champions, le samedi 31 mai 2025. La finale de la Ligue des champions remportée par le Paris-Saint-Germain a donné lieu, partout en France, à de graves débordements : vitrines fracassées, mobilier urbain saccagé, véhicules incendiés, pompiers pris à partie et forces de l'ordre attaquées. Ces scènes de chaos étaient largement prévisibles au regard de précédents bien connus : la victoire de l'Algérie lors de la CAN 2019, la demi-finale France-Maroc durant la Coupe du monde 2022, les finales des Coupes du monde 2018 et 2022, ou encore la demi-finale de Ligue des champions disputée il y a seulement trois semaines, ont à chaque fois été le cadre d'affrontements urbains d'une rare violence. À chaque match, quelle qu'en soit l'issue, des individus motivés par la seule envie d'en découdre, bien éloignés de toute considération sportive, sèment le chaos dans les rues des villes du pays avant même que ne soit sifflée la fin de ces rencontres. À Montpellier, la presse relate la présence de pas moins de 500 casseurs, déterminés à détruire, sévissant entre la place de la Comédie et l'esplanade Charles de Gaulle. Non content de briser des vitrines, d'incendier des poubelles, de tirer des mortiers d'artifice, de monter des barricades et de piller des commerces, ils se sont employés à jeter des projectiles sur les forces de l'ordre, blessant notamment un policier. Il s'interroge sur l'adéquation du dispositif de sécurité mis en place ce soir-là à Montpellier. Si à Paris, les débordements ont été anticipés - quoique la presse se soit fait écho de témoignages de forces de l'ordre jugeant le dispositif défaillant au point de les mettre en danger - il semble que la contagion des violences au-delà de la région parisienne n'ait pas été prévue en amont par des moyens à la hauteur du risque existant. Ainsi, alors que 491 interpellations ont été menées à Paris, seuls 2 individus ont été interpellés à Montpellier, malgré la gravité des faits et l'ampleur des bandes impliquées. Face à la consternation des commerçants touchés comme de tous les Montpelliérains, il aimerait que lui soit précisé l'effectif exact des forces de l'ordre mobilisées à Montpellier le 31 mai 2025. Il demande également à ce que soit communiqué le bilan matériel et humain de ces violences, ainsi qu'une estimation du coût des dégâts perpétrés sur l'agglomération Montpellier Méditerranée Métropole cette nuit-là.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/09/2026La loi du 18 août visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens (RIPOST), adoptée à l'initiative du Gouvernement, permettra de lutter contre les violences commises en marge des manifestations sportives. D'une part, le texte prévoit de renforcer la lutte contre les mortiers d'artifice, qui sont utilisés pour commettre des dégradations et pour blesser les forces de l'ordre, en instaurant une procédure administrative de dessaisissement à la main des préfets et en renforçant les peines prévues en cas de port ou de transport sans motif légitime d'articles pyrotechniques. D'autre part, l'article 12 complète le code du sport pour permettre aux préfets de prononcer une interdiction de paraître à l'encontre de toute personne qui a commis des actes violents en marge d'une manifestation sportive et qui est susceptible de réitérer ces actes à l'occasion d'un nouvel évènement de même nature. S'agissant des faits intolérables survenus à Montpellier le 31 mai 2025 à l'occasion de la finale de la Ligue des Champions, le ministère de l'intérieur tient à apporter les précisions suivantes. Un dispositif policier important avait été déployé, puisqu'au même moment se déroulait le Festival international des sports extrêmes (FISE), régulièrement émaillé d'incidents : un service d'ordre était ainsi prévu chaque soir et chaque nuit, du 28 mai au 31 mai ; le soir du 31 mai, 45 policiers de la direction interdépartementale de la police nationale de l'Hérault et près de 70 policiers des CRS étaient mobilisés sur le terrain ; une occupation préventive de l'espace public était mise en œuvre, tant dans le secteur le plus proche du FISE que dans le centre-ville de Montpellier, permettant d'anticiper les troubles à l'ordre public. À l'issue de la finale de la Ligue des Champions, de nombreuses personnes se rendaient place de la Comédie et quelques tirs d'artifice étaient commis. Vers minuit, les policiers sont intervenus au niveau d'un commerce dans lequel des individus tentaient de s'introduire, et faisaient usage d'armes de force intermédiaire. Au même moment, le serveur d'un bar voisin était blessé par un jet de projectile. Peu de temps après, 500 individus hostiles se sont regroupés sur l'esplanade Charles-de-Gaulle, avant de dresser des barricades, d'allumer des feux et de jeter des projectiles sur les policiers. Plusieurs « bonds » successifs et l'emploi de moyens de force intermédiaire permettaient aux forces de l'ordre de repousser les fauteurs de troubles jusqu'au Corum. L'intervention des policiers et l'emploi de moyens de force intermédiaire ont ainsi permis d'obtenir la dislocation progressive de la majeure partie du groupe d'individus et le rétablissement de l'ordre public vers 2 h 30. Plusieurs interpellations ont été effectuées.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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