Interdiction des chauffages extérieurs pour les bars et restaurants
Florence JoubertRN
Députée — Dordogne (3)
La question
Mme Florence Joubert alerte Mme la ministre déléguée auprès de la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation, chargée de la ruralité, du commerce et de l'artisanat sur une possible limitation de l'interdiction de chauffage pesant sur les bars et restaurants disposant d'une terrasse sur le domaine public, compte tenu du contexte économique difficile. En effet, depuis le décret n° 2022-452 du 30 mars 2022 relatif à l'interdiction de l'utilisation en extérieur de systèmes de chauffage, les bars et restaurants ne peuvent plus assurer un accueil chauffé de leur clientèle. Tout contrevenant est alors passible d'une amende de 1 500 euros, pouvant atteindre 3 000 euros en cas de récidive. Cette interdiction leur cause, de manière mécanique, un manque à gagner préjudiciable. Ainsi, selon un sondage réalisé en décembre 2019 par la société Yougov, 67 % des Français fréquenteraient de manière régulière des terrasses chauffées l'hiver. En permettant à nouveau une utilisation limitée du chauffage lorsque la température se révèlerait dissuasive pour une fréquentation optimale, la puissance publique pourrait participer à la relance de leur activité économique. Ainsi, elle lui demande si le Gouvernement envisage d'abroger ou, à défaut, de suspendre jusqu'au 31 décembre 2027 le décret du 30 mars 2022 relatif à l'interdiction des chauffages extérieurs.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/09/2026Aux termes de l'article L. 2122-1-1-A du code général de la propriété des personnes publiques (CG3P), « l'utilisation sur le domaine public de systèmes de chauffage ou de climatisation consommant de l'énergie et fonctionnant en extérieur est interdite ». Par cette interdiction générale, le législateur a entendu reprendre une proposition d'action globale de réduction de la consommation d'énergie dans les espaces publics et bâtiments tertiaires concernant le chauffage, l'éclairage et la climatisation, issues de la Convention citoyenne pour le climat. A ce titre, il a été recommandé « l'interdiction de chauffer les espaces publics extérieurs », source de gaspillage d'énergie, à compter de l'hiver 2021. Le décret n° 2022-452 du 30 mars 2022, pris pour l'application l'article L. 2122-1-1-A précité, a uniquement exempté de l'interdiction les lieux couverts et fermés de manière étanche à l'air, et les installations mobiles couvertes et fermées nécessaires à l'animation de la vie locale, qu'il s'agisse des activités foraines ou circassiennes ou des manifestations culturelles, sportives, festives, cultuelles ou politiques. Le champ de la loi ne permet pas d'abroger ou de suspendre cette disposition par décret. Par ailleurs, il s'agit d'une mesure qui a été plébiscitée par le public et qui s'inscrit dans la lignée des objectifs climatiques nationaux et européens. Afin de continuer à chauffer des terrasses l'hiver, les bars et restaurants doivent donc installer des dispositifs assurant l'étanchéité à l'air de la terrasse, pour éviter les déperditions d'énergie. Fidèle à la Convention citoyenne pour le climat, le Gouvernement maintient son engagement d'interdire les terrasses chauffées et n'est pas favorable à des mesures qui viendraient affaiblir leur portée, alors que de nombreux professionnels ont adapté leur installation extérieure conformément au décret du 30 mars 2022, afin d'assurer un accueil de leur clientèle conforme à l'objectif poursuivi de réduction de la consommation d'énergie.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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