28 structures culturelles publiques menacées par des baisses de crédits
Stéphane PeuGDR
Député — Seine-Saint-Denis (2)
La question
M. Stéphane Peu appelle l'attention de Mme la ministre de la culture sur les incertitudes budgétaires auxquelles ont été confrontés 28 établissements culturels publics nationaux, à la suite des menaces de réduction des crédits qui leur avaient été alloués au titre de l'année 2026, ainsi que sur les perspectives de financement de ces établissements pour 2027. Le 3 juillet dernier, 28 théâtres, orchestres et institutions culturelles avaient publié un communiqué de presse faisant état de leur vive inquiétude après avoir été informés d'une diminution significative du second versement de leur subvention annuelle. Ils alertaient alors sur les conséquences immédiates de cette décision pour leur équilibre financier, le maintien de leur programmation artistique, l'emploi culturel et les actions d'éducation artistique et culturelle qu'ils conduisent. Cette situation avait suscité une préoccupation particulière en Seine-Saint-Denis, département où les équipements culturels jouent un rôle essentiel dans l'accès à la culture, la cohésion sociale, l'éducation artistique et l'attractivité du territoire. Trois établissements implantés dans ce département figuraient parmi les structures concernées par ce surgel des crédits : le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, implanté dans la circonscription de M. le député, la Maison de la Culture 93 à Bobigny et le théâtre de la Commune à Aubervilliers. Tous contribuent quotidiennement au rayonnement culturel national tout en développant une action de proximité auprès des habitants, notamment de la jeunesse. En agissant ainsi, le Gouvernement ne fragilisait pas uniquement des structures culturelles : il risquait d'affaiblir tout un écosystème, composé des compagnies indépendantes, des ensembles, des artistes, des techniciens, des prestataires, des associations, des établissements scolaires et universitaires, ainsi que des milliers de spectateurs. Les modalités ayant conduit à ces mesures de régulation budgétaire demeuraient, jusqu'à récemment, peu lisibles. Les établissements concernés avaient notamment fait état d'une retenue de 10 à 12 % sur le montant total de leurs subventions annuelles, dans le cadre du gel d'une partie du second versement. L'entourage de Mme la ministre de la Culture avait confirmé cette situation, tout en indiquant que les établissements rencontrant de grandes difficultés pourraient voir leur situation examinée au cas par cas. Or, selon les annonces intervenues les 21 et 22 juillet 2026, le Gouvernement aurait finalement décidé de débloquer les crédits concernés. Cette évolution, qui répond aux inquiétudes exprimées par les établissements et les professionnels du secteur, appelle néanmoins des précisions quant à ses modalités concrètes et à ses conséquences financières. Il lui demande de préciser les conditions du dégel annoncé et de confirmer que les 28 établissements concernés bénéficieront bien du versement intégral des subventions qui leur avaient été notifiées au titre de l'exercice 2026. Il lui demande également de préciser le calendrier effectif de versement des crédits débloqués. Enfin, il lui demande quelles garanties le Gouvernement entend apporter afin d'assurer, dans la durée, la continuité des missions de ce service public culturel.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/09/2026La situation financière des structures culturelles du spectacle vivant fait l'objet d'une attention soutenue de la part du ministère de la culture. Depuis plus de 8 ans, les crédits d'intervention des services déconcentrés consacré au soutien au spectacle vivant ont progressé pour atteindre près de 390 millions d'euros en 2025, soit une hausse de plus de 23 % depuis 2017. En gestion 2025, le soutien aux structures labellisées et aux équipes a été confirmé. L'annulation de crédits sur le programme 131 - Création n'a pas porté sur les services déconcentrés. En 2026, le ministère de la culture a participé à l'effort de redressement des finances publiques au même titre que les autres ministères ; à ce titre, les crédits du programme 131 Création accusent une baisse de 4,4 % en loi de finances initiale. Les crédits notifiés aux services déconcentrés ont été impactés dans des proportions comparables (-5 % dans l'hexagone, -3 % en outre-mer). Les baisses actées ont été ciblées, en tenant compte notamment des marges artistiques des structures. En avril dernier, conformément à la circulaire du Premier ministre, 10 % des crédits déconcentrés ont été retenus dans le cadre d'une mesure de trésorerie visant à décaler les versements. En juin, pour se conformer aux mesures de refroidissement budgétaire souhaitées par le Premier ministre et assurer une bonne exécution de la loi de finances, un surgel des crédits est intervenu. Sur le programme 131 Création, 10 millions d'euros ont été gelés sur les crédits déconcentrés. Pour ne pas fragiliser l'ensemble de l'écosystème culturel, le choix a été fait de faire peser ce surgel de 10 millions d'euros de manière homothétique sur les 28 plus grosses subventions versées, soit 13 % de leurs subventions prévues en 2026. Cela a concerné des centres dramatiques nationaux, des orchestres et opéras en région, des scènes nationales et deux théâtres parisiens. Les 28 structures dont la subvention est gelée bénéficieront d'un versement avant la fin de l'année. Le calendrier exact de mise à disposition des crédits est en cours de discussion avec les services du ministère de l'économie et des finances. S'agissant plus particulièrement de trois structures implantées dans le département de la Seine-Saint-Denis (théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Maison de la culture 93 et théâtre de la Commune à Aubervilliers), il est bien prévu de verser l'intégralité de la subvention prévue au titre de l'année 2026. Pour 2027, les politiques portées par le programme 131 Création font l'objet d'une attention constante. Le ministère de la culture confirme son implication dans la défense de la production et de la diffusion d' uvres culturelles dans tous les territoires. L'État reste un partenaire engagé et fiable dans le soutien à l'emploi et aux structures en région, en lien avec les collectivités territoriales qui cofinancent le domaine culturel.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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