Évaluation des effets du report de reversement du FCTVA aux EPCI
François-Xavier CeccoliDR
Député — Haute-Corse (2)
La question
M. François-Xavier Ceccoli attire l'attention de Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur les conséquences du décalage d'un an du versement du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) aux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, prévu par l'article 130 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Jusqu'à l'entrée en vigueur de cette disposition, les communautés de communes, communautés d'agglomération, communautés urbaines, métropoles et établissements publics territoriaux percevaient le FCTVA l'année même de réalisation de leurs dépenses éligibles, régime institué pour soutenir l'essor de l'intercommunalité et l'investissement local. Le passage à un versement en année N+1 se traduit, pour ces établissements, par une « année blanche » en 2026, représentant un effort de trésorerie évalué à environ 700 millions d'euros au profit de l'État. De nombreux présidents d'établissements publics de coopération intercommunale, notamment en Haute-Corse, lui ont fait part de leur vive inquiétude : privés d'une recette attendue, ils se voient contraints de recourir à des lignes de trésorerie ou à l'emprunt de court terme, dans un contexte de taux qui en renchérit le coût, ou de différer des opérations d'équipement pourtant engagées ou programmées. Cette tension est d'autant plus préoccupante que les collectivités territoriales et leurs groupements assurent l'essentiel de l'investissement public civil, dont l'intercommunalité constitue un maillon déterminant, en particulier dans les territoires ruraux, de montagne et insulaires où elle porte des équipements structurants qu'aucune commune ne pourrait financer seule. Le risque est ainsi réel que cette mesure, présentée comme un simple ajustement de trésorerie, produise un effet récessif durable sur la commande publique locale et sur le tissu économique qui en dépend, au moment même où s'engage un nouveau cycle d'investissement consécutif au renouvellement des exécutifs intercommunaux. Aussi, il lui demande si le Gouvernement entend mettre en place un dispositif de suivi et d'évaluation des effets de ce décalage, portant notamment sur les frais financiers supportés par les établissements, l'évolution de leurs dépenses d'équipement et les reports ou abandons d'opérations constatés en 2026, afin d'apprécier l'efficacité réelle de ce choix budgétaire au regard de ses coûts induits et quelles mesures correctrices ou d'accompagnement il envisage dans l'hypothèse où cette évaluation confirmerait un affaiblissement significatif de l'investissement local.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/09/2026L'article 130 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a prévu le passage du régime de versement N au régime de versement N+1 du fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) pour les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Cette mesure se justifie par le fait que le régime de versement en année N a été créé initialement dans le but de favoriser le développement de l'intercommunalité et la création de communes nouvelles. Depuis la loi NOTRe en 2015, le régime N n'est plus une incitation au développement des EPCI, puisque cette loi, comme déjà la loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales, a prévu que toutes les collectivités territoriales doivent faire partie d'un EPCI à fiscalité propre. Le maintien en régime N pour les EPCI n'était donc plus justifié. Si cette mesure entraîne une modification du régime de versement pour les EPCI, l'impact de cette mesure apparaît limité pour plusieurs raisons. Tout d'abord, un mécanisme d'avance de trésorerie est prévu par la circulaire du 23 septembre 1994 (INTB9400257C) et rappelé par la circulaire interministérielle relative à l'automatisation du 15 février 2021 (TERB2103728C). Une collectivité qui connaîtrait des difficultés financières caractérisées peut demander à la préfecture de bénéficier d'une avance de 70 % du montant prévisionnel de fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) dès le mois de janvier de l'année de liquidation du fonds. Les EPCI en difficultés financières peuvent donc bénéficier d'une avance de FCTVA de 70 % dès janvier 2027. Par ailleurs, il convient de préciser que cette mesure intervient lors d'une année électorale et que les dépenses d'investissement des communes comme des EPCI sont plus faibles lors de cet exercice par rapport aux années précédentes. Enfin, une collectivité en régime N ne bénéficie pas totalement du FCTVA en année N. En effet, les dépenses engagées en fin d'année N font l'objet d'un versement de FCTVA en début d'année N+1 en raison des délais de traitement et de contrôle des dépenses.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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