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Question écrite ✓ Répondue le 08/09/2026 espace et politique spatiale

Missions commerciales Vast : pourquoi ? À quel prix ?

Posée le 16/06/2026 · Ministère interrogé : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace

Arnaud Saint-Martin Arnaud Saint-MartinLFI-NFP Député — Seine-et-Marne (1)

La question

M. Arnaud Saint-Martin appelle l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur l'annonce le 2 juin 2026 par le Président de la République de deux missions d'astronautes français dans le cadre d'un partenariat avec l'entreprise américaine Vast, l'une vers la station spatiale internationale – en fin de vie – et l'autre vers la future station privée Haven-1. Ces missions embarqueront Thomas Pesquet et Arnaud Prost. Présentée comme une opportunité pour assurer la présence française dans les vols habités, cette décision soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à son coût et à sa cohérence stratégique. Selon les informations rendues publiques, le financement de ces missions serait assuré par le Centre national d'études spatiales (CNES), alors même que celui-ci fait face à de fortes contraintes budgétaires susceptibles d'affecter d'autres programmes scientifiques et technologiques. D'importantes coupes budgétaires affectent le CNES et ses missions les plus ambitieuses sur le plan scientifique. M. le député souhaite donc connaître, en premier lieu, le coût total de cette opération pour les finances publiques, en précisant le prix des sièges achetés, les dépenses liées à la préparation des missions, à l'entraînement des astronautes, aux expériences scientifiques éventuellement embarquées ainsi qu'aux assurances et garanties associées à ces vols. En deuxième lieu, il lui demande d'indiquer quelles lignes budgétaires seront mobilisées pour financer cette décision et quelles conséquences éventuelles ces arbitrages auront sur les autres activités de recherche et d'innovation spatiales. Car cette mission avec Vast, entreprise privée à vocation commerciale, questionne la pertinence scientifique et technique de cette mission, tant par son commanditaire que par sa durée, extrêmement courte, pour mener à bien des missions scientifiques. Que le savoir-faire et l'héritage technique français servent à cette start-up à monter en compétence et à valider son modèle économique pose question. Enfin, il souhaite connaître la stratégie du Gouvernement en matière de vols habités et, en particulier, les objectifs scientifiques, industriels et de souveraineté poursuivis par ces missions commerciales, ainsi que la manière dont elles s'inscrivent dans une vision de long terme de la politique spatiale française et européenne.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 08/09/2026
La stratégie nationale spatiale publiée en novembre 2025 reconnaît les enjeux géopolitiques, scientifiques, technologiques et d'inspiration associés à l'exploration spatiale et au vol habité. Dans le double contexte de la remise en cause par les États-Unis des accords ESA-NASA régissant le transport dans la station spatiale internationale (ISS) d'astronautes européens et de la fin de l'exploitation de l'ISS (prévu entre 2030 et 2032), la stratégie nationale spatiale fixe pour objectif le renouvellement de l'ambition française dans l'exploration spatiale et notamment le maintien d'opportunités de vol d'astronautes français en orbite basse. Elle rappelle à cet égard le rôle pionnier joué par la France en Europe en matière de vol habité avec le séjour dès 1982 de Jean-Loup Chrétien sur la station soviétique Saliout-7. La contractualisation avec la société VAST de deux missions courtes d'astronautes français respectivement vers l'ISS (mission PAM-6 en 2027) et vers la future station Haven-1 (au plus tard en 2028) s'inscrit dans cette stratégie. Elle correspond également à une orientation européenne visant au renouvellement des modalités de vol d'astronautes vers l'ISS, dans la perspective du remplacement possible de la station orbitale internationale par des stations privées : vol d'un astronaute suédois sur une mission privée d'Axiom en 2024, schéma de mission EPIC mis en place par l'ESA (Agence spatiale européenne) pour offrir des opportunités de vol plus régulières à ses astronautes. Un astronaute tchèque est d'ores et déjà annoncé pour faire partie de l'équipage de la mission VAST PAM-6 vers l'ISS aux côtés de Thomas Pesquet, tandis qu'un autre pays européen devrait annoncer prochainement sa participation à la mission. Ce partenariat constitue une opportunité pour la France dans la mesure où les opérateurs privés comme VAST ou AXIOM se voient imposer par la NASA (national aeronautics and space administration) la présence dans leur équipage d'un astronaute chevronné pour commander la mission. Les qualifications de Thomas Pesquet (2 vols, ancien commandant de bord de l'ISS) ont permis à la France d'obtenir auprès de VAST des conditions très attractives pour la réalisation des deux missions. Si les missions privées sont de plus courte durée (de l'ordre de deux semaines) que les missions institutionnelles, les astronautes privés ne sont pas astreints dans ce schéma de mission aux mêmes tâches de maintien en condition opérationnelle de l'ISS. Ils disposent chaque jour de davantage de temps à consacrer à la conduite d'expérimentations scientifiques en micropesanteur. Les programmes scientifiques des deux missions VAST sont actuellement en cours de définition et de préparation par les équipes du Centre national d'études spatiales (CNES) avec une priorité sur la physiologie humaine, thème d'étude sur lequel le CADMOS (centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales - centre opérationnel du CNES) est référent pour l'ensemble de l'Europe. Comme pour tous les vols précédents d'astronautes français, du temps sera également réservé à des expériences pédagogiques à partager avec un public scolaire au sol dans une logique d'inspiration. Au-delà de ces missions VAST, des réflexions de plus long terme (horizon post-ISS) sont actuellement en cours au niveau de l'ESA et de ses États membres afin de renforcer graduellement l'autonomie européenne en la matière.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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