Inégalités sociales face à la procédure Parcoursup
Claudia RouauxSOC
Députée — Ille-et-Vilaine (3)
La question
Mme Claudia Rouaux attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les inégalités liées à la plateforme Parcoursup. La phase de formulation des vœux sur Parcoursup pour la session 2026 s'est achevée le 1er avril 2026. Elle concernait près de 640 000 lycéens sur l'ensemble du territoire national. Entre le 2 juin et le 11 juillet 2026, les candidats reçoivent désormais les réponses des établissements d'enseignement supérieur et sont amenés à faire leurs choix d'orientation. Cette phase va déterminer l'avenir de milliers de lycéens. Depuis son instauration en 2018, Parcoursup a pour but d'organiser la répartition des places dans l'enseignement supérieur. Mais le service public d'orientation accroît les inégalités au lieu de les atténuer. D'année en année, l'appréciation portée par les élèves et leurs familles à cette plateforme se dégrade. Selon une enquête relayée par Le Parisien étudiant du 13 octobre 2025, « seuls 34 % des candidats trouvent que Parcoursup est juste et équitable ». Et pour cause, Parcoursup demeure un outil largement insuffisant pour lutter efficacement contre les inégalités territoriales et celles liées au capital culturel, à l'environnement familial ou à la qualité de l'accompagnement dont bénéficient les élèves. Concrètement, certains lycéens arrivent sur la plateforme avec un projet clair, des parents qui connaissent le système, un lycée qui a organisé des ateliers de préparation, tandis que d'autres arrivent seuls, sans le moindre accompagnement, dans une procédure qu'ils ne comprennent pas vraiment. De surcroît, cette inégalité est invisibilisée par un manque de transparence de l'algorithme concernant les critères de sélection : il est difficile pour les élèves de savoir précisément pourquoi leur dossier est classé derrière un autre. Ces constats ont d'ailleurs été largement mis en évidence par la mission flash consacrée à Parcoursup conduite par les députés Pierrick Courbon et Frantz Gumbs. Elle a souligné la nécessité de renforcer la lisibilité de la procédure, l'accompagnement des candidats et la transparence des modalités de classement mises en œuvre par les établissements. Pourtant, l'accès aux études supérieures constitue un droit auquel tous les jeunes doivent pouvoir prétendre sans différence entre les concernés. Une réforme profonde est nécessaire afin de créer une procédure plus transparente, compréhensible, humaine et simplifiée. Elle souhaite donc connaître les mesures qu'entend mettre en œuvre le Gouvernement afin de renforcer les principes de transparence de la procédure Parcoursup, de démocratisation et d'égalité des chances entre les candidats permettant de garantir à chaque jeune un accès équitable à la poursuite de ses études.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/09/2026La procédure Parcoursup permet, depuis 2018, aux élèves souhaitant poursuivre des études dans l'enseignement supérieur d'accéder à l'ensemble de l'offre de formation reconnue par l'État, garantissant ainsi un égal accès à l'information et une plus grande transparence des modalités d'admission. En 2026, plus de 25 000 formations, réparties sur l'ensemble du territoire, étaient proposées sur la plateforme. L'accompagnement des lycéens dans la construction de leur projet d'orientation constitue un enjeu majeur qui mobilise l'ensemble des acteurs de la communauté éducative, au premier rang desquels le ministère de l'éducation nationale. Il s'agit notamment de développer les compétences des élèves en matière d'orientation et de mettre à la disposition des enseignants les outils leur permettant de les accompagner dans l'élaboration de choix éclairés. Le plan « Avenir », déployé depuis septembre 2025 dans les collèges et les lycées, répond à cet impératif. Depuis 2023, les proviseurs disposent, via Parcoursup, de données de synthèse relatives au parcours des élèves de terminale de l'année scolaire précédente afin de renforcer le pilotage d'un projet d'orientation au sein de leur établissement. En outre, conformément aux évolutions engagées depuis 2018, deux professeurs principaux sont désignés en classe de terminale afin d'assurer un accompagnement individualisé des élèves tout au long de la procédure. Ces actions produisent des résultats tangibles. Selon l'enquête CSA réalisée en octobre 2025, 86 % des lycéens déclarent avoir bénéficié d'un accompagnement par leur établissement dans la préparation de leur orientation. Par ailleurs, 92 % indiquent avoir bénéficié d'un temps d'information ou d'un accompagnement spécifique au fonctionnement de Parcoursup, soit une progression de quatre points par rapport à 2024. Enfin, 76 % des élèves déclarent avoir été accompagnés par leur professeur principal dans la définition de leur projet d'orientation. L'accompagnement des enseignants pour leur permettre de conseiller au mieux leurs élèves dans leur projet d'orientation est également une des priorités. Sur Parcoursup, un espace dédié à l'accompagnement des élèves est proposé à tous les professeurs. Il centralise dans un même espace les informations, les ressources ainsi que le suivi des élèves et simplifie ainsi l'accès aux outils mis à disposition des équipes pédagogiques. Pour les professeurs principaux de terminale et les chefs d'établissement, une rubrique spécifique « suivre mes élèves » permet d'accéder au suivi des vœux et des admissions des élèves d'une ou plusieurs classes de terminale. Toutes les rubriques informatives à destination des professeurs sont librement accessibles depuis le site d'information parcoursup.gouv.fr sans avoir besoin d'un compte personnel dédié. L'un des enjeux est de donner davantage de temps aux lycéens pour construire leur projet d'orientation afin de favoriser une démarche d'orientation plus progressive et mieux préparée. Le ministère a engagé cette démarche en 2024 en permettant aux lycéens de 2de et de 1re de créer un compte Parcoursup afin d'explorer la carte des formations et de conserver leurs recherches en favoris en amont de la création de leur dossier Parcoursup en terminale. Par ailleurs, la nouvelle application MonProjetSup, intégrée à la plateforme Avenir (s) de l'ONISEP (Office national d'information sur les enseignements et les formations) et déployée dans l'ensemble des lycées, permet aux lycéens d'explorer des propositions de formations adaptées à leurs centres d'intérêt et à leur projet, à partir de données objectives issues des statistiques de Parcoursup. Cet outil vise à enrichir la réflexion des élèves, à favoriser la diversification de leurs choix d'orientation et à appuyer le dialogue entre les élèves, leurs familles et les équipes éducatives. S'agissant de l'information délivrée aux candidats, chaque formation proposée sur Parcoursup fait l'objet d'une fiche de présentation régulièrement actualisée comportant notamment les attendus de la formation, les critères généraux d'examen des vœux, les débouchés ainsi que les taux d'accès constatés lors de la précédente campagne d'admission. Afin de renforcer la transparence de la procédure, ces informations ont été enrichies en 2025 par une nouvelle fonctionnalité permettant à chaque candidat de renseigner sa moyenne générale et ses enseignements de spécialité afin d'obtenir des données objectives relatives aux résultats des candidats présentant un profil comparable au cours des trois campagnes précédentes. Cette fonctionnalité a été utilisée plus de 20 millions de fois lors de la campagne 2026, témoignant de son utilité pour les candidats. S'agissant de la transparence des critères, en particulier les critères généraux d'examen des vœux (CGEV), l'ensemble des responsables de formation est sensibilisé par les équipes Parcoursup à cet enjeu de transparence, de qualité et de lisibilité des informations fournies aux candidats et à leur famille. Cette sensibilisation s'exerce notamment à travers les notes de cadrage diffusées chaque année et lors des sessions d'information proposées en amont de la phase de paramétrage. Les commissions d'examen des vœux doivent expliquer et justifier leurs choix. En ce sens, les textes ont progressivement évolué. Les commissions doivent donner à chaque candidat qui le demande les motifs de la réponse réservée à sa candidature. Elles doivent produire un rapport présentant l'ensemble des données et modalités de la procédure passée ainsi que les critères qui ont gouverné à l'examen des vœux auquel ont procédé les formations. Cette mesure apporte un éclairage utile sur les critères utilisés et aide les lycéens à s'orienter. Dans une logique d'amélioration continue de la plateforme Parcoursup, des évolutions de la plateforme seront apportées afin d'en renforcer la lisibilité, la transparence et l'efficacité. Ces évolutions continueront d'être élaborées en concertation avec les établissements d'enseignement supérieur, les représentants des lycéens et de leurs familles ainsi que l'ensemble des parties prenantes, afin de répondre au mieux aux besoins des usagers.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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