Grandes chaleurs à l'école : le Gouvernement doit agir !
Antoine LéaumentLFI-NFP
Député — Essonne (10)
La question
M. Antoine Léaument alerte Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur les vagues de chaleur que connaît le pays actuellement. Depuis le lundi 25 mai 2026, la France traverse une vague de chaleur inédite pour un mois de mai, avec des températures prévues cette semaine de 33 à 36 degrés Celsius. Les services de Météo France ont activé les premières vigilances canicule au sein de 13 départements. Ces chaleurs s'expliquent par l'inaction climatique des gouvernements successifs et impacte l'intégralité des pans de la société, notamment les écoles. Face à cette situation, les moyens mobilisés sont insuffisants. Dans la circonscription de M. le député en Essonne, le groupe scolaire de Buisson à Morsang-sur-Orge a bénéficié de seulement quatre ventilateurs pour douze classes. L'école Jean Macé à Brétigny-sur-Orge compte, quant à elle, quatre ventilateurs pour dix-sept classes. Ainsi, dans un communiqué du 26 mai 2026, la Fédération des conseils de parents d'élèves de l'Essonne a tiré la sonnette d'alarme. Dans la même lignée, M. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale, affirme qu'il faut « admettre qu'on n'avance pas assez vite sur ces questions ». Il confirme que la seule solution réside dans des « investissements financiers très importants ». Et pour cause, ce phénomène provoque un impact significatif sur la vie quotidienne des élèves. D'une part, sur le plan éducatif, les travaux d'Harvard sur l'entrave à l'apprentissage par l'exposition à la chaleur sont non équivoques, ils démontrent qu'elle perturbe l'apprentissage des enfants, réduit la vitesse de lecture, la compréhension et les performances en mathématiques. D'autre part, sur le plan sanitaire, ces vagues de chaleur aggravent des pathologies chroniques, provoquent des insolations et impactent la santé mentale des élèves. Dans le même temps, la ministre de la santé affirme à ce sujet qu'il « n'y a pas d'urgence ». Le manque de moyens en faveur des politiques publiques pour la transition écologique a des conséquences sur les élèves, les parents ainsi que les professeurs. La chute drastique des investissements permettant de financer la rénovation thermique des écoles est la grande responsable de ce bilan. Le rapport Demarcq de mars 2020 sur la rénovation énergétique des bâtiments scolaires avait pourtant affirmé la nécessité d'allouer un budget de 40 milliards d'euros. Or le groupe parlementaire de la France insoumise propose de mettre en œuvre un plan d'urgence de rénovation des établissements scolaires avec une isolation contre la chaleur. Aussi, M. le député propose de réorganiser les cours de récréation pour permettre leur végétalisation. De plus, il est absolument nécessaire de mettre en place des mesures de transition telles que la création d'îlots de fraîcheur, l'aménagement du temps scolaire ou encore la distribution de matériel d'urgence financé par l'État (ventilateurs à eau, rideaux occultant, gourdes isothermes pour tous les élèves). Enfin, il défend l'égal accès de ces mesures quelle que soit la situation financière locale. Effectivement, le poids de ces investissements ne doit, en aucun cas, peser uniquement sur les budgets des collectivités territoriales. En somme, il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre afin de permettre aux enfants d'étudier dans les meilleures conditions face au défi climatique et comment il compte répondre aux besoins urgents des écoles.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/09/2026L'épisode de fortes chaleurs que nous avons connu fin mai était particulièrement exceptionnel de par sa précocité : nous n'avions jamais atteint le niveau de vigilance orange à cette période de l'année. La science est très claire sur le fait que ces événements sont dus au changement climatique. Nous devons donc limiter les émissions mondiales de gaz à effet de serre de manière forte pour freiner le réchauffement climatique au plus vite. La France prend et continuera de prendre toute sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique. C'est tout l'enjeu de la troisième stratégie nationale bas-carbone dont la consultation publique a été lancée le 5 juin, et qui sera adoptée cet été. Mais, il nous faut également apprendre à vivre avec ces événements qui se multiplieront, au moins pendant les prochaines décennies, et qui risquent de devenir la norme à moyen terme. C'est pourquoi le Gouvernement a publié le 10 mars 2025 le troisième plan national d'adaptation au changement climatique. Son objectif est clair : préparer la France à vivre dans un climat qui pourrait se réchauffer de 3°C d'ici la fin du siècle au niveau mondial d'après les scientifiques. La chaleur est l'un des principaux risques que le changement climatique fait peser en France. Le plan national d'adaptation au changement climatique prévoit donc plusieurs mesures pour protéger les Français dans leur logement, au travail, à l'école et plus globalement dans leur environnement. S'agissant des écoles, l'Etat a mis en place des actions pour accompagner les collectivités propriétaires des bâtiments. Un centre de ressources dédié à la rénovation du bâti scolaire a été mis en ligne en mai 2025 (https://www.renovation-bati-scolaire.fr/). On y trouve notamment un guide présentant les étapes clés d'une démarche de rénovation et un rappel des financements disponibles. Les travaux de rénovation énergétique des établissements scolaires sont éligibles au Fonds vert. Depuis 2023, ce sont 2 630 projets de rénovation énergétique d'établissements scolaires qui ont été financés pour 841 M€ de subventions. En moyenne, ces rénovations vont permettre de réduire de près de 60% la consommation d'énergie des bâtiments. Sur le long terme, ces travaux donc sont rentables pour les collectivités. Pour faciliter leur financement, ils peuvent également faire l'objet d'un prêt de la Banque des Territoires. Via son programme Edurenov, la Banque des Territoires a pour objectif de rénover 15 000 équipements d'ici 2028. Aujourd'hui, ce sont déjà plus de 7 300 écoles qui ont été accompagnées par ce programme depuis son lancement en 2023. Rénover l'ensemble du parc prendra du temps, mais il est possible, sans attendre, d'améliorer le confort thermique dans les écoles. La pose de volets, de stores, de ventilateurs au plafond ou d'équipements de sécurité permettant d'ouvrir les fenêtres la nuit, permet de faire baisser sensiblement la température et la température ressentie. C'est pourquoi ces travaux sont également éligibles à un financement du Fonds vert (jusqu'à 80%) et d'Edurenov. Cette possibilité a peu été utilisée à ce stade (28 demandes en 2024 et 10 demandes en 2025 s'agissant du Fonds vert). Le Fonds vert finance également via la mesure de renaturation des villes et des villages des opérations portant spécifiquement sur des établissements scolaires (cours d'écoles ou abords des écoles), qui ont pour objet de désimperméabiliser une partie du sol pour y intégrer des espaces de nature (pelouse, haie, potager, point d'eau) afin de créer des zones de fraîcheur. Les Agences de l'eau peuvent également apporter des financements complémentaires à ce type de projets. Au total, les opérations financées par le Fonds vert portant sur un établissement scolaire depuis 2023 ont concerné 3 576 dossiers pour 932,5 M€ de subventions octroyées. Cela représente ainsi plus d'un cinquième de l'effort financier réalisé par le Fonds vert depuis sa création. Le Gouvernement a fait de l'adaptation au changement climatique la priorité du Fonds vert. En 2026, près de la moitié des 837 M€ du Fonds seront ainsi dédiés à l'adaptation au changement climatique et aux plans climat des collectivités territoriales.
Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗
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