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Question écrite ✓ Répondue le 01/09/2026 santé

Impact de l'antibiorésistance sur la santé des Françaises et des Français

Posée le 21/04/2026 · Ministère interrogé : Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire

Véronique Riotton Véronique RiottonEPR Députée — Haute-Savoie (1)

La question

Mme Véronique Riotton attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l'impact de l'antibiorésistance sur la santé des Françaises et des Français. À l'occasion du One Health Summit qui s'est déroulé à Lyon du 5 au 7 avril 2026, une coalition de parlementaires du monde entier a signé un manifeste sur l'antibiorésistance, un sujet crucial pour la santé publique. En effet, l'antibiorésistance est phénomène qui consiste, pour une bactérie, à devenir résistante aux antibiotiques, notamment à cause d'une surconsommation ou un mésusage des antibiotiques en santé humaine comme animale. Ainsi, des antibiotiques efficaces viennent à manquer pour traiter certaines infections, aboutissant à des situations où il n'existe plus aucun traitement possible. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies estime que les infections à bactéries résistantes touchent plus de 120 000 cas par an en France et sont associées à plus de 5500 décès. Pour endiguer ce phénomène, les Plans Écoantibio ont été lancés à partir de 2011. Ceux-ci ont été une réelle réussite, produisant des résultats impressionnants. Grâce à l'engagement des vétérinaires et des éleveurs, en 10 ans (2011-2022), l'exposition globale des animaux de rente aux antibiotiques a baissé de 52 %, avec une réduction massive de l'usage d'antibiotiques critiques comme les céphalosporines de 3e et 4e génération (-95 %), les fluoroquinolones (-89 %) et la colistine (-79 %). Cette diminution drastique de consommation d'antibiotiques a permis la diminution de 8 à 14 % de la multirésistance bactérienne pour les principales filières (bovins, porcs, volailles) depuis 2012 d'après le réseau de surveillance de l'antibiorésistance des bactéries pathogènes animales (RESAPATH) de l'Anses. Malgré ces progrès pour les animaux de rente, plusieurs filières connaissent des hausses d'usage d'antibiotiques comme la filière équine (+10 % depuis 2017) ou pour la filière d'animaux de compagnies (chiens et chats). C'est dans ce contexte que le plan Ecoantibio3 a été lancé en 2023 avec comme objectif une réduction de - 15 % de l'exposition des chiens et des chats aux antibiotiques d'ici 5 ans. Les premiers résultats semblent encourageants, néanmoins il reste de nombreux progrès à réaliser. Ainsi, elle souhaiterait connaître les mesures et moyens supplémentaires et complémentaires prévus par le ministère pour lutter contre l'antibiorésistance en santé animale, plus particulièrement en filière équine, et des animaux de compagnie afin d'endiguer cette menace majeure qu'est l'antibiorésistance pour la santé publique.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 01/09/2026
La stratégie du Gouvernement en matière d'antibiorésistance s'inscrit pleinement dans les principes d'une approche concertée « Une seule santé », tels qu'ils figurent dans la feuille de route interministérielle 2024-2034 « prévention et réduction de l'antibiorésistance, lutte contre la résistance aux antimicrobiens », et célébrés à l'occasion du Sommet One Health organisé à Lyon le 7 avril 2026. Pour relever les défis de la lutte contre l'antibiorésistance dans le domaine de la santé animale, la France est précurseur avec, dès 1999, la prise de mesures telles que le recueil et le suivi des quantités d'antibiotiques vendues sur le territoire et, depuis 2011, la poursuite des actions dans le cadre des plans Écoantibio, pilotés par le ministère chargé de l'agriculture, en lien avec ses partenaires. Une réduction globale de l'usage des antibiotiques, d'une ampleur inédite depuis le début du suivi en 1999, est à noter en santé animale (- 49 % d'exposition depuis 2011, - 79 % de tonnage depuis 1999). Dans le cadre du plan Écoantibio 3 (2023-2028), plusieurs leviers sont mobilisés pour renforcer l'action conduite en santé animale, notamment pour les animaux de compagnie et les équidés. Ces leviers font l'objet d'une attention particulière et sont définis en relation étroite avec les acteurs de ces filières, membres par ailleurs du comité de pilotage du plan. Ainsi, le suivi des usages s'améliore progressivement avec la mise en place d'un système national de collecte des données d'utilisation des antimicrobiens (CalypsoVet) qui permettra à terme d'affiner la connaissance des délivrances d'antimicrobiens et des pratiques de prescription au sein de chaque filière et pour toutes les espèces. Le recours aux antibiotiques d'importance critique est strictement réglementé : il repose notamment sur un examen clinique, l'identification de la souche bactérienne et un test de sensibilité, sauf dérogations encadrées. Les données montrent une baisse très significative de l'usage des antibiotiques d'importance critique depuis 2011 (données de l'agence nationale du médicament vétérinaire). La hausse de l'exposition aux antibiotiques en filière équine depuis 2017 est notamment liée à des adaptations proportionnées de protocoles de traitement pour mieux prendre en charge certaines infections, conformément aux recommandations professionnelles et aux principes de bon usage des antibiotiques. Ces évolutions de pratiques, documentées dans des guides, ne compromettent pas la maîtrise globale des résistances dans les filières animales. Ainsi, le réseau RESAPATH observe dans son dernier rapport une diminution sensible des résistances au sein des filières animales, dont la filière équine et des animaux de compagnie, pour plusieurs couples bactérie-antibiotique suivis dans ces filières. Le ministère chargé de l'agriculture reste pleinement vigilant à ces signaux et entend consolider les dispositifs d'appui mis à disposition des vétérinaires praticiens. Ainsi, un récent rapport du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux souligne l'intérêt de mieux valoriser le réseau des référents vétérinaires en antibiothérapie et de relancer les échanges régionaux avec les professionnels de terrain. Cette redynamisation fait actuellement l'objet de travaux pour être engagée prochainement, en cohérence avec l'action n° 3 du plan Écoantibio 3. Enfin, la sensibilisation des professionnels et du grand public à la problématique de l'antibiorésistance sera poursuivie, notamment lors de la semaine de lutte contre l'antibiorésistance (du 18 au 24 novembre 2026) et par la diffusion des résultats des projets financés dans le cadre de l'appel à projets Écoantibio, sur le portail ActionAntibio (https://www.actionantibio.fr/). Par ces actions, le ministère chargé de l'agriculture réaffirme son engagement résolu à poursuivre, grâce à tous les acteurs de la santé et de la production animales, une action déterminée, concertée et adaptée aux spécificités et enjeux de chaque filière.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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