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Question écrite ✓ Répondue le 08/09/2026 outre-mer

Situation des personnes porteuses de handicap en outre-mer

Posée le 03/03/2026 · Ministère interrogé : Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées

Jean-Hugues Ratenon Jean-Hugues RatenonLFI-NFP Député — Réunion (5)

La question

M. Jean-Hugues Ratenon attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur la situation des enfants porteurs de handicap. Selon la DREES, une étude parue en 2024 révèle qu'en 2022 en France métropolitaine 14,5 millions de personnes de 15 ans et plus vivant à domicile ont des problèmes de vue, d'audition, et 4,6 millions (9 %) déclarent être limités dans les tâches quotidiennes. Au total, en France (métropole et DROM), le nombre d'enfants et d'adultes handicapés (de 5 ans ou plus), qu'ils vivent à domicile ou en établissement, varie de 5,7 millions à 18,5 millions de personnes selon leur pathologie. Cette étude révèle aussi que fin 2022, 174 200 enfants et adolescents handicapés étaient accompagnés dans les établissements et services médico-sociaux, dont 68 % de garçons. En ce qui concerne la scolarisation, sur l'année 2023-2024, 235 400 élèves en situation de handicap étaient scolarisés dans le premier degré et 232 900 dans le second degré, 59 000 étudiants handicapés étaient recensés dans l'enseignement supérieur. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : manque de moyens humains et matériels. À La Réunion comme dans les autres territoires d'outre-mer, les enfants en situation de handicap sont proportionnellement plus nombreux qu'en métropole : environ 6 % des enfants âgés de 5 à 14 ans y sont concernés, contre 4 % en France hexagonale, avec des variations encore plus fortes à Mayotte. Ces familles dont les enfants sont porteurs de handicap font face chaque jour à des difficultés majeures : le manque de places dans les établissements spécialisés, pas assez d'accompagnateurs, pas assez de professionnels, etc. Les parents doivent endosser des rôles qui ne sont pas les leurs : médecin, infirmier, psychologue, etc. Parfois, c'est aussi être les jambes, les mains et les yeux de ces enfants. L'incompréhension reste entière face à la non-réponse à leur appel à l'aide. Ils réclament pour leurs enfants : les mêmes droits que les autres enfants, une juste place dans la société, des accompagnateurs, des places au sein d'établissements spécialisés, une prise en charge pour les enfants, une vraie écoute pour les parents, des moyens humains et matériels et par-dessus tout une justice juste, de la dignité et le droit pour ces enfants d'exister. À l'occasion de la récente journée de l'inclusion, il est plus que jamais nécessaire de répondre à ces attentes et de traduire les principes de l'inclusion en actions concrètes, en particulier dans les outre-mer où les besoins sont souvent plus marqués. Il lui demande si elle prévoit d'augmenter le nombre d'accompagnateurs et de professionnels formés sur place et de renforcer leur formation continue pour répondre aux besoins spécifiques des enfants ultramarins ; si elle envisage de créer des centres spécialisés de proximité et d'améliorer le transport médicalisé pour les enfants handicapés dans les outre-mer et quelles mesures concrètes elle peut mettre en place pour offrir du répit, du soutien psychologique et un accompagnement administratif aux familles ultramarines.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 08/09/2026
Le Gouvernement conduit depuis plusieurs années une politique visant à faire évoluer et à développer l'offre d'accompagnement des personnes en situation de handicap, dans une logique d'inclusion. Les capacités d'accueil des établissements médico-sociaux pour enfants en situation de handicap poursuivent leur progression. Cette dynamique de développement et d'inclusion de l'offre repose notamment sur le « plan 50 000 solutions », annoncé lors de la Conférence nationale du handicap d'avril 2023. Doté d'un montant de 1,5 milliard d'euros sur la période 2024-2030, ce plan a pour objectif de renforcer l'offre d'accompagnement en volume, de corriger les disparités territoriales constatées et d'accompagner la transformation de l'offre vers une logique inclusive. Conformément à la circulaire du 7 décembre 2023 relative à la mise en œuvre de ce plan, les Agences régionales de santé (ARS) ont élaboré des programmations pluriannuelles pour la période 2024-2030, destinées à faire évoluer l'offre existante et à fluidifier les parcours des personnes concernées, sur la base de diagnostics territoriaux établis en concertation avec l'ensemble des acteurs impliqués, notamment les associations représentatives et les départements, chefs de file de l'action sociale. Une attention particulière a été, et continue d'être, portée aux territoires ultramarins. C'est dans ce cadre qu'un effort important est engagé pour renforcer les solutions d'accompagnement destinées aux personnes en situation de handicap à La Réunion. Au 31 décembre 2025, plus de 460 solutions nouvelles y avaient déjà été installées, tant dans le secteur de l'enfance que dans celui des adultes, dont 280 solutions dédiées au soutien à la scolarisation, plus de 140 solutions en établissements et services sociaux et médico-sociaux pour enfants, et une quarantaine de solutions à destination des adultes. Cette dynamique devrait se poursuivre sur la période 2026-2030, avec le déploiement progressif de plus de 650 solutions supplémentaires relevant du périmètre de l'ARS. Plus largement, l'objectif poursuivi est également d'engager la transformation des instituts médico-éducatifs, afin de déployer des « offres de services coordonnées » portant une nouvelle logique d'organisation de l'offre sur les territoires, conformément aux orientations retenues lors du comité de pilotage national de la transformation de l'offre médico-sociale de novembre 2025. Cette offre de services coordonnée se conçoit comme une véritable palette de solutions, fondée sur les droits de la personne ainsi que sur un principe de modularité et d'adaptabilité à ses besoins et à ses attentes. Par ailleurs, afin de résoudre les difficultés de recrutement rencontrées dans le secteur de l'autonomie, le Gouvernement mobilise l'ensemble des leviers susceptibles d'en renforcer l'attractivité. L'État, aux côtés des départements, a ainsi pris des décisions historiques en revalorisant de 4 milliards d'euros les rémunérations des professionnels du secteur social et médico-social. S'agissant de la formation, plus de 13 500 places supplémentaires ont été créées entre 2020 et 2025 pour les infirmiers, les aides-soignants et les accompagnants éducatifs et sociaux. Enfin, la mise en œuvre opérationnelle de l'appel à projets conduit avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie relatif aux plateformes des métiers de l'autonomie a permis de constituer une offre d'intermédiation territorialisée et multiservices, destinée à permettre aux employeurs de pourvoir plus rapidement et plus efficacement leurs offres d'emploi.

Source : questions.assemblee-nationale.fr ↗

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